LES BALLETS RUSSES ET LE FESTIVAL D’AIX : UNE LONGUE HISTOIRE DE LA MODERNITÉ SCÉNIQUE

75 ansAu festival
mardi14mars 2023

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Interdisciplinaire et moderne par excellence, l’esprit des Ballets russes guide Gabriel Dussurget, premier directeur du Festival d’Aix, dans la constitution de l’identité artistique du Festival, favorisant en particulier la collaboration avec des peintres-décorateurs et des chorégraphes. En juillet 2023, la programmation de quatre soirées consacrées aux ballets de Stravinski L’Oiseau de feu, Petrouchka et Le Sacre du Printemps (œuvres initialement commandées par Diaghilev pour sa compagnie des Ballets Russes), illustrés par trois créations de films (Rebecca Zlotowski, Bertrand Mandico, Evangelia Kranioti), continue d’inscrire le Festival d’Aix dans cette riche filiation artistique.

FONDER LE FESTIVAL D’APRÈS LA COMPAGNIE DES BALLETS RUSSES

Au début du XXe siècle, l’impresario russe Serge de Diaghilev crée la compagnie de danse des Ballets russes, qui tourne en Europe et en particulier à Paris entre 1909 et 1929. Le Sacre du Printemps, ballet composé par Stravinski pour le Théâtre des Champs-Élysées (1913) est emblématique de cette période d’effervescence artistique et d’un certain type d’alliance entre la danse, les décors et la musique proposée par la compagnie.

Alors même qu’il ne pense pas encore à fonder un festival à Aix, Gabriel Dussurget raconte le choc esthétique produit par cette découverte lorsqu’il assiste à des spectacles à Paris, dans l’entre-deux-guerres :

Les Ballets russes me révèlent la danse, mais j’ai aussi, grâce à eux, le coup de foudre pour la peinture.

Le Magicien d’Aix. Mémoires intimes, p. 48

L’idéal d’art total véhiculé par les Ballets russes se retrouve ainsi dans les opéras du Festival.

SCÉNOGRAPHIER ET CHORÉGRAPHIER L’OPÉRA

Les spectacles présentés au Festival d’Aix à partir de 1948 témoignent de cette pensée qui cherche l’harmonie entre décors, costumes et mise en scène. Sans être à proprement parler l’instigateur du recours aux peintres-décorateurs, Gabriel Dussurget transpose à l’opéra cette pratique à laquelle les organisateurs de ballets recouraient particulièrement dans la première moitié du XXe siècle. Ayant fondé le Ballet du Théâtre des Champs-Élysées avec Roland Petit et Boris Kochno en 1945, il sollicite d’ailleurs de nombreux artistes de ce réseau.

En invitant André Derain, Antoni Clavé, Georges Wakhévitch, Suzanne Lalique ou encore André Masson à réaliser les toiles peintes pour servir de décors à tous les opéras produits au Festival, Gabriel Dussurget continue de faire vivre à Aix-en-Provence l’esprit des Ballets russes, quelques décennies après leurs heures de gloires parisiennes.

Plus encore, Gabriel Dussurget sollicite des artistes de la discipline reine des Ballets russes : des danseurs. Une attention tout particulière est accordée aux intermèdes dansés des divers opéras portés sur la scène de l’Archevêché : L’Orfeo de Monteverdi (1965) est chorégraphié par Clotilde Sakharoff (figure de la danse expressionniste allemande du début du XXe siècle), tandis que Georges Skibine (fils de Boris Skibine, danseur de la troupe de Diaghilev) s’attèle aux ballets des Nozze di Figaro (1962) et d’Idomeneo de Mozart (1963).

Gabriel Dussurget applique donc la formule « Ballets russes » au monde lyrique, lui donnant un nouveau souffle.

IGOR STRAVINSKI AU FESTIVAL

Les œuvres composées par Stravinski pour les Ballets russes ont souvent résonné au cours des différentes éditions du Festival, mais essentiellement sous la forme de concerts.

Petrouchka est donné en 1973 par l’orchestre de l’ORTF (direction Jean Martinon) au Tholonet ; L’Oiseau de Feu en 1983 au Pavillon Vendôme, sous la baguette de Jean-Claude Casadeus à la tête de l’Orchestre national de Lille. Plus connu encore, Le Sacre du Printemps entre au répertoire du Festival en 1958 dans un concert dédié à Stravinski conduit par Hans Rosbaud et le Sinfonieorchester des Südwestrundfunks, avant de connaître quelques reprises, notamment en 2016 sous la direction d’Esa-Pekka Salonen, dans le cadre du cycle Stravinski du Festival (2015-2017).

D’autres œuvres de Stravinski sont également données en version scénique. C’est le cas de ses « scènes chorégraphiques russes pour quatre pianos » intitulées Les Noces, données à deux reprises au Festival, en 1962 et 1972.

L’œuvre avait été créée à Paris en 1923 par la compagnie des Ballets russes, dans des décors et costumes conçus par Natalia Gontcharova (1881-1962), une des principales artistes employées par Diaghilev. La scénographie, laissée presque intacte pour l’occasion, fait de la production aixoise un hommage direct aux Ballets russes. Georges Skibine, chorégraphie d’ailleurs ces Noces pour deux danseurs (Pierre Lacotte et Hélène Sadovska) attestant de la grande continuité esthétique entre les manifestations, à plus de trente ans de distance. Le spectacle est servi par les voix de Mady Mesplé, Christiane Gayraud, Michel Hamel et André Vessières.

Enfin, mais plus tardivement, des opéras - et autres œuvres s’y apparentant - de Stravinski trouvent leur place sur les scènes du Festival : L’Histoire du soldat (1965), puis The Rake’s Progress (1992 et 2017), Le Rossignol (2010), Œdipus Rex (2016).

La soirée Ballets russes de 2023 revient ainsi aux premières présentations des œuvres de Stravinski au Festival. Le virtuose Orchestre de Paris conduit par Klaus Mäkelä y réalisera la prouesse technique de donner trois ballets dans un même concert.

DES PROJETS SCÉNIQUES INNOVANTS

De nombreux projets des périodes postérieures du Festival s’inscrivent dans cette filiation du dialogue entre les arts, et de l’attention portée à la recherche musicale et scénique, bien qu’ils ne se réclament pas des Ballets russes. En 1961, Il Combattimento di Tancredi e Clorinda, madrigaux de Monteverdi, sont mis en espace et chorégraphiés par Janine Charrat.

Plus proches de nous, d’autres œuvres a priori non scéniques s’animent dans les différents théâtres du Festival : Winterreise et Trauernacht (2014), et plus récemment encore, sous la direction de Pierre Audi, Requiem (2019) et Résurrection (2022). En choisissant d’élargir les limites traditionnelles du spectacle lyrique, le Festival d’Aix interroge encore aujourd’hui la porosité entre les disciplines artistiques et plaide pour de nouvelles formes de spectacles d’art total.

La soirée Ballets Russes, programmée au Stadium de Vitrolles les 8, 10, 11 et 12 juillet 2023, rend hommage à l’esprit moderne des Ballets russes, un siècle après leur succès parisien, et au cap que s’est toujours fixé le Festival d’Aix : l’interdisciplinarité au cœur de l’art lyrique.

Anne Le Berre

 

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L’Enlèvement au Sérail, production 1967 (reprise du spectacle créé en 1951)

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75 ansAu festival
mardi 14 mars 2023
Esa-Pekka Salonen dirige l'Orchestre de Paris

LA TURANGALÎLA-SYMPHONIE ET LA CRÉATION INSTRUMENTALE AU FESTIVAL D’AIX

Le Festival d’Aix est réputé pour sa production lyrique, et notamment pour les nombreuses créations d’opéra qui y ont vu le jour. Mais depuis sa fondation, le Festival est également un centre de la création instrumentale contemporaine. À travers une dense programmation de concerts, le Festival offre à son public et à la scène internationale une fenêtre sur la musique contemporaine et la création. La Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen (1949), présentée cet été par Esa-Pekka Salonen à la tête de l’Orchestre de Paris, nous fait replonger aux origines du Festival, puisque c’est ici que le chef Roger Désormière en donna la création française en 1950, quelques mois après la création mondiale à Boston. C’est ainsi que dès les toutes premières années de son existence, le Festival se positionne comme un foyer de la musique contemporaine, aspect qui fait tout autant partie de son ADN que la production d’œuvres lyriques. Tour d’horizon des créations symphoniques et instrumentales qui font d’Aix un lieu vivant de la composition instrumentale depuis 1948. 1950 — LA TURANGALÎLA-SYMPHONIE D’OLIVIER MESSIAEN La Turangalîla-Symphonie est commandée à Olivier Messiaen à la fin des années 1940 par l’orchestre de Boston. Après deux ans de travail, l’œuvre est donnée en décembre 1949 au Symphony Hall de Boston, sous la direction de Leonard Bernstein ; quelques mois plus tard, le 25 juillet 1950, la création française se déroule dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence au Théâtre de l’Archevêché. Vous pouvez écouter une courte émission de France Musique consacrée à cet événement musical de premier plan. Œuvre emblématique du compositeur, dont le titre inspiré du sanskrit évoque de nombreuses significations – un chant d’amour, mais aussi le temps qui s’écoule, le galop du cheval – la Turangalîla-Symphonie se démarque avant tout par ses couleurs chatoyantes et son instrumentarium atypique et foisonnant. Sous la baguette de Roger Désormière, l’Orchestre national de France (à l’époque, encore dénommé ORTF) accompagne les deux mêmes solistes qui ont interprété à Boston les parties de piano et d’ondes Martenot : Yvonne Loriod et Ginette Martenot. Cette dernière est la sœur de Maurice Martenot (1898-1980), inventeur de l’instrument au début du XXe siècle ; elle est l’interprète qui a largement participé à sa popularisation. Il s’agit d’un clavier doté d’un ruban électromagnétique aux sonorités nouvelles et à la flexibilité proche de la voix ; avec une bague en métal, il est possible de moduler les notes jouées. Olivier Messiaen n’est pas le premier à utiliser cet instrument, bien que sa symphonie contribue largement à accélérer cette découverte. Les ondes Martenot sont également prisées par d’autres compositeurs, comme Arthur Honegger ou Darius Milhaud, pour certaines de leurs œuvres orchestrales. Ces deux musiciens font d’ailleurs partie du « Groupe des Six », groupe de musiciens d’avant-garde gravitant autour de Jean Cocteau au début de l’entre-deux-guerres et qui se retrouve régulièrement au Festival d’Aix dans les années 1950 — en spectateur ou pour y présenter ses œuvres. C’est donc tout un réseau musical d’avant-garde qui converge à Aix-en-Provence l’été, et dont la Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen est une manifestation. La relation de cette œuvre avec le Festival ne s’arrête toutefois pas en 1950 : la Turangalîla-Symphonie est redonnée à Aix en 2008, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen. L’Orchestre de la SWR, dirigé par Sylvain Cambreling, accompagne le pianiste Roger Muraro et Valérie Hartmann-Claverie aux Ondes Martenot, cette fois-ci sur la scène du Grand Théâtre de Provence. Chaque fois, ce sont des orchestres à la pointe de l’interprétation de la musique contemporaine qui interprètent cette symphonie : l’Orchestre de la SWR a souvent été le fer de lance de la création à Aix-en-Provence. L’ensemble, créé en 1946 à Baden-Baden, a connu ses premiers succès internationaux sous les baguettes d’Hans Rosbaud puis d’Ernst Bour dans des interprétations des œuvres lyriques de Mozart comme de pièces contemporaines. C’est cette année pour commémorer les trente ans de la mort d’Olivier Messiaen que le Festival donne pour une troisième fois l’œuvre sans doute la plus célèbre de la production orchestrale du compositeur. 1970 — « TOUT UN MONDE LOINTAIN », CONCERTO POUR VIOLONCELLE N°1 D’HENRI DUTILLEUX À l’été 1970, une autre grande création de la musique contemporaine prend place au Festival — et il s’agit cette fois d’une création mondiale. Henri Dutilleux (1916-2013) écrit spécialement pour le violoncelliste Mstislav Rostropovitch (1927-2007), grand interprète du XXe siècle, notamment connu pour avoir joué une des suites pour violoncelle de Bach au pied du mur de Berlin démoli, en novembre 1989. Gabriel Dussurget, fondateur et premier directeur du Festival met en relation les deux artistes, ainsi que le jeune chef d’orchestre marseillais Serge Baudo. Rostropovitch apprend le concerto en un temps record, quelques jours avant la première ; c’est un immense succès, qui amène les artistes à jouer deux fois le concerto dans son intégralité pour répondre aux applaudissements des spectateurs de l’Archevêché. 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Les sonorités apportées par le marimba, le glockenspiel et le célesta enrichissent le voyage harmonique composé par Henri Dutilleux. 1977-1986 : LE CENTRE ACANTHES À AIX, LA MUSIQUE CONTEMPORAINE AU CŒUR DU FESTIVAL Cette dynamique de création s’entretient par les liens qui se tissent à la fin des années 1970 entre le Festival et le tout nouveau Centre Acanthes – à l’origine Centre Sirius, du nom de la création mondiale de l’œuvre électroacoustique de Karlheinz Stockhausen. Coproduite par le Festival, Sirius marque le début de dix années de collaboration et d’exploration de la musique contemporaine au Festival. 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Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, programme de salle 1977, Association pour le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence. — Chaque année, le Centre Acanthes convie à Aix un grand nom de la musique contemporaine afin de faire découvrir la diversité des courants qui la composent, et former les « stagiaires » (de 100 et 150 personnes pour chaque édition) à la pratique de la musique contemporaine. Entre 1977 et 1986, Iannis Xenakis (1978 et 1983), György Ligeti, Karlheinz Stockhausen (1977), mais aussi Maurice Béjart (1982) se succèdent à Aix, où ils encadrent des master classes et la création d’œuvres inédites. Des sessions dédiées aux percussions (1984) et au théâtre musical (1986) viennent également ponctuer ces rendez-vous du Centre Acanthes. Le Festival coproduit ainsi un à deux concerts du Centre Acanthes par édition, inscrits dans sa programmation, et généralement donnés au Cloître Saint-Louis. Avec l’accueil des premières sessions du Centre Acanthes, qui sera rattaché par la suite au Festival d’Avignon (1987), puis à Metz (2004), et enfin à l’IRCAM (2011), de nombreuses créations musicales de compositeurs contemporains majeurs naissent au Festival d’Aix au tournant des années 1970 et 1980, et contribuent à faire du Festival un lieu important de la diffusion de la musique contemporaine. L’ACADÉMIE EUROPÉENNE DE MUSIQUE, CREUSET DE LA CRÉATION MUSICALE DU FESTIVAL DEPUIS 1998 Lors de sa refondation par Stéphane Lissner en 1998, le Festival se dote de l’Académie Européenne de Musique : centre de formation pour de jeunes artistes, l’Académie est prioritairement tournée vers le chant et la voix, en proposant résidences et master classes pour des chanteurs, mais également pour des instrumentistes. Volet moins connu — mais tout aussi important — de l’Académie : les résidences de composition et de création d’opéra et musique de chambre. Doté de cet autre outil d’accompagnement de jeunes musiciens, l’Académie se fait un creuset de la création musicale depuis maintenant près de 25 ans. 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Photographie Vincent Beaume. — Ana Sokolović, résidente de la première Académie en 1998, revient ainsi en 2015 au Festival pour présenter sur la scène du Grand Théâtre de Provence son Concerto pour orchestre en création européenne. L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, dirigé par Carlo Rizzi, a bénéficié sur cette session d’un encadrement pédagogique des musiciens du London Symphony Orchestra. Autre artiste passé par la résidence de composition : Alexandros Markéas, qui crée en 1998 son Rondo notturno. Les résidences de composition ne sont pas les seuls espaces où de nouvelles œuvres naissent, car l’Académie propose un cadre plus général de rencontres de jeunes artistes, véritable pépinière de talents. [[{"fid":"42394","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède.","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède.","field_caption[fr][0][value]":"Vincent Beaume"},"type":"media","field_deltas":{"5":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède.","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède.","field_caption[fr][0][value]":"Vincent Beaume"}},"attributes":{"alt":"Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède.","title":"Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède.","class":"media-element file-newsletter","data-delta":"5"}}]]Quatuor Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions), création mondiale de Lyrae (Camille Pépin) le 10 juillet 2017 dans la cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède. Photographie Vincent Beaume. — Ainsi, pour de la résidence de chant contemporain de 2011, Karol Beffa compose Mes heures de fièvre afin de faire travailler les Académiciens. En 2017, c’est au sein de la résidence de Musique de Chambre que Camille Pépin (Victoire de la musique classique 2020, catégorie composition) propose son œuvre Lyrae en création mondiale, interprétée par le quatuor à cordes Gerhard, Anaëlle Tourret (harpe) et Dorian Selmi (percussions). Enfin, d’anciens élèves de l’Académie participent au vaste mouvement de création musicale de la programmation du Festival. Deux ans après sa participation à l’Académie en 2012, Sabine Devieilhe crée trois œuvres de Manfred Trojahn au Conservatoire Darius Milhaud : L’éternité à Lourmarin, (inspirée d’un poème de René Char dédié à Albert Camus), le prologue de Contrevenir et L’Allégresse, écrites pour la soprano et ensemble et musique de chambre. [[{"fid":"42395","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014.","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014.","field_caption[fr][0][value]":"Jean-Claude Carbonne"},"type":"media","field_deltas":{"6":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014.","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014.","field_caption[fr][0][value]":"Jean-Claude Carbonne"}},"attributes":{"alt":"Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014.","title":"Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014.","class":"media-element file-newsletter","data-delta":"6"}}]]Sabine Devieilhe (soprano) et l’Ensemble Modern dirigés par Franck Ollu à l’Auditorium Darius Milhaud pour un concert Manfred Trojahn le 13 juillet 2014. Photographie Jean-Claude Carbonne. — Souvent rendez-vous des avant-gardes musicales, toujours centre de création d’œuvres pour l’orchestre ou pour la musique de chambre, le Festival est, depuis sa naissance, un lieu important de la création musicale contemporaine.
75 ansAu festival
lundi 2 mai 2022

MONTEVERDI AU FESTIVAL

Claudio Monteverdi (1567-1643) sera largement mis à l’honneur en 2022 à travers ses deux opéras les plus célèbres : L’INCORONAZIONE DI POPPEA (1642), aboutissement de son travail de dramaturgie musicale, sera mis en scène par Ted Huffman, et L’ORFEO, sa première œuvre théâtrale (1607), sera donné en version de concert. Leonardo García Alarcón, spécialiste de musique baroque, et notamment de celle de Monteverdi, dirigera son ensemble Cappella Mediterranea. De l’Orfeo à L’Incoronazione en passant par les compositions madrigalesques et la musique religieuse de Monteverdi, le Festival contribue à inscrire le compositeur italien dans le temps des origines de l’opéra tout en affirmant sa profonde modernité. L’ORFEO DE MONTEVERDI : AUX RACINES DE L’OPÉRA ET DU FESTIVAL D’AIX Si le Festival d’Aix débute sous des auspices mozartiens, Monteverdi n’est déjà pas très loin. En 1950, Gabriel Dussurget programme un « concert Monteverdi » : il s’agit d’une version concertante de l’Orfeo – un spectacle rare à cette époque, où l’œuvre du compositeur, si elle n’est pas inconnue, est peu exécutée, ou alors pour un public confidentiel. La présence de nombreux musicologues dans l’entourage du directeur artistique, et en particulier Georges de Saint-Foix, familiarisé avec Monteverdi lors de son passage à la Schola Cantorum, explique cette tendance dès les premières éditions du Festival. Très vite, Monteverdi devient un des piliers sur lequel le Festival construit son identité : « latin », « méditerranéen », mais surtout considéré comme le père de l’opéra avec son Orfeo (1607), Monteverdi a toute sa place dans un festival qui a pour ambition de régénérer l’art lyrique et l’incarner sur le territoire provençal. Une première représentation scénique de l’Orfeo a lieu à l’été 1965, dans une mise en scène du dramaturge italien Sandro Sequi. Loin des interprétations historiquement informées, l’orchestre dirigé par Gianfranco Rivoli accompagne une production qui présente surtout un objectif : faire entrer dans le XXe siècle l’œuvre fondatrice du genre lyrique. C’est dans le même esprit de retour aux sources de l’opéra et dans un geste de refondation de l’institution que Stéphane Lissner livre une « trilogie Monteverdi » lors de son arrivée au Festival : L’Orfeo en 1998, L’Incoronazione di Poppea en 1999 et Il ritorno d’Ulisse in patria en 2000. L’Orfeo est donc à nouveau présent lors de la renaissance du Festival en 1998 : la mise en scène est confiée à la chorégraphe américaine Trisha Brown (1936-2017), qui porte l’œuvre par un nouveau souffle grâce à la danse. En 1965, la mise en scène de l’Orfeo de Sandro Sequi intégrait aussi la chorégraphie de Clotilde Sakharoff (1892-1974), danseuse et chorégraphe expressionniste.  La production de 1998, dirigée par René Jacobs (chanteur et chef d’orchestre belge spécialisé dans la musique baroque), est reprise en 2007 sous la direction de Bernard Foccroulle, avec Stéphane Degout dans le rôle d’Orphée. [[{"fid":"9975","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_caption[fr][0][value]":"Elisabeth Carecchio"},"type":"media","field_deltas":{"8":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_caption[fr][0][value]":"Elisabeth Carecchio"}},"attributes":{"alt":"L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007","title":"L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007","class":"media-element file-newsletter","data-delta":"8"}}]]Stéphane Degout en Orphée dans L'Orfeo de Monteverdi - Mise en scène de Trisha Brown - Festival d'Aix-en-Provence 2007 (reprise de la production de 1998). Photographie Elisabeth Carecchio — Il faut également souligner le rôle prégnant de l’Académie européenne de musique dans les productions montéverdiennes du Festival - comme si à l’éclat de la naissance du genre lyrique répondait la jeunesse des chanteurs. RECRÉER : L’OPÉRA BAROQUE SE DÉVOILE À AIX En proposant au public en 1961 une production de L’Incoronazione di Poppea, le Festival offre l’une des premières représentations scéniques de l’œuvre au XXe siècle. Suzanne Lalique conçoit un palais antique en trompe-l’œil et drape tous les chanteurs dans des toges pour recréer la Rome impériale. [[{"fid":"41875","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 1961","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 1961","field_caption[fr][0][value]":"L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 1961 reprise en 1964 (décors et costumes de Suzanne Lalique, mise en scène de Michel Crochot). Les chœurs Elisabeth Brasseur sur la scène du Théâtre de l’Archevêché. Fonds du Festival international d’art lyrique, photographie Bouville, Ville d’Aix-en-Provence – Musée des Tapisseries. 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Sur les trois heures de musique auxquelles nous sommes désormais habitués, seule une heure et demie de représentation est assurée : de larges coupures sont effectuées, certains airs ne sont pas donnés (notamment le célèbre ‘Pur ti miro’ final) dans cette version de Gianfranco Malipiero. Si elle charme le public, cette production déçoit quelques mélomanes et les musicologues avertis. Le spectacle part en tournée au festival du « Mai de Versailles » en 1962, avant de revenir à l’été 1964 à Aix. [[{"fid":"41877","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L'incoronazione di Poppea de Monteverdi - Festival d'Aix-en-Provence 1961","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L'incoronazione di Poppea de Monteverdi - Festival d'Aix-en-Provence 1961","field_caption[fr][0][value]":"Jane Rhodes en Poppée, dans la production de L'incoronazione di Poppea de Monteverdi - Festival d'Aix-en-Provence 1961. 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Fonds du Festival international d’art lyrique, photographie Dany, Ville d’Aix-en-Provence – Musée des Tapisseries — Près de quarante ans plus tard, une nouvelle production de L’Incoronazione di Poppea fait date au Festival (1999). Klaus Michael Grüber propose une mise en scène épurée et sensuelle, dans un décor imaginé par le peintre Gilles Aillaud. Pins de Toscane, fresques de Pompéi : tout un tableau de la campagne italienne se dessine pour accueillir une mise en scène minutieuse, à la direction d’acteurs précise. [[{"fid":"41878","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L'incoronazione di Poppea de Monteverdi - Festival d'Aix-en-Provence 1961","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L'incoronazione di Poppea de Monteverdi - Festival d'Aix-en-Provence 1961","field_caption[fr][0][value]":"Répétition de L’Incoronazione di Poppea, Festival d'Aix-en-Provence 1999. 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Sans donner à entendre un orchestre « baroque », Marc Minkowski avait largement enrichi la partie de continuo (instruments qui assurent la basse continue dans la musique baroque) et livrait une partition aux couleurs chatoyantes. Le spectacle connait un grand succès, et est repris en 2000. Enfin, toujours attaché à faire découvrir des œuvres méconnues, le Festival propose en 2000 une production du Ritorno d’Ulisse in patria par l’Académie Européenne de Musique – aboutissement de sa résidence de chant de cette même année. [[{"fid":"41879","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Il Rittorno d’Ulisse in patria de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 2000","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Il Rittorno d’Ulisse in patria de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 2000","field_caption[fr][0][value]":"Il Rittorno d’Ulisse in patria, (Théâtre du Jeu de Paume). Mise en scène d’Adrian Noble, 2000. 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Photographie Festival d’Aix-en-Provence. — LES MADRIGAUX ET LA MISE EN SCÈNE : LE FESTIVAL COMME CENTRE D’EXPÉRIMENTATION Le Festival d’Aix présente dès les années 1960 des mises en espace et des mises en scène des madrigaux de Monteverdi. Elles constituent un véritable exercice de démonstration : celui de prouver que le madrigal se situe aux sources de l’opéra, et qu’il est intrinsèquement moderne – par l’économie de ses moyens, par son expression émotionnelle inédite. Dans la vaste production de madrigaux de Monteverdi, le livre VIII constitue un point de focale : le Combattimento di Tancredi e Clorinda concentre l’attention des programmateurs du Festival et des metteurs en scène. En 1961, le Festival propose une version chorégraphiée du Combattimento, où les deux Étoiles de l’Opéra de Paris Claude Bessy et Attilio Labis incarnent les doubles dansants de Jane Berbié et Luigi Alva. Cet ensemble de Madrigali guerriesi e amorosi est à nouveau mis en scène par un danseur en 1967 : Pierre Lacotte imagine avec le décorateur François Ganeau une soirée autour du Combattimento « sous la verte voûte de platanes du Tholonet », pour une unique représentation, le 26 juillet 1967. Dans ces versions, une large place est faite à la danse – car l’on sait que les fêtes de Cour comportaient de vrais bals, et qu’elle était intégrée à la dramaturgie des spectacles de Monteverdi. En 1970, une nouvelle expérience recrée l’ambiance supposée de la Cour de Mantoue au tout début du XVIIe siècle. Costumes anciens, danses baroques : la mise en scène de Sandro Sequi, dans la Cour du Palais l’Archevêché (palais qui devient le miroir de celui de Mantoue), fait du Festival d’Aix un nouveau berceau de l’opéra. [[{"fid":"41880","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Soirée à la Cour de Mantoue - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Soirée à la Cour de Mantoue - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_caption[fr][0][value]":"Soirée à la Cour de Mantoue (Théâtre de l’Archevêché). Mise en scène de Sandro Sequi, 1970. Orchestre : la Camerata di Cremona, et danse : Académie Nationale de Rome. Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, photographie Ville d’Aix-en-Provence – Musée des Tapisseries."},"type":"media","field_deltas":{"5":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Soirée à la Cour de Mantoue - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Soirée à la Cour de Mantoue - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_caption[fr][0][value]":"Soirée à la Cour de Mantoue (Théâtre de l’Archevêché). 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Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, photographie Coqueux, Ville d’Aix-en-Provence – Musée des Tapisseries. — En 1999, Stéphane Lissner organise une nouvelle « soirée madrigalesque » à l’Hôtel Maynier d’Oppède autour d’un programme « Cena Furiosa », véritable banquet musical mis en scène par Ingrid von Wantoch Rekowski, et dirigé par Marc Minkowski. Ces montages scéniques autour de madrigaux ont toujours été l’apanage du Festival, faisant de cette production musicale de Monteverdi une cheville ouvrière de son œuvre et un tournant dans l’histoire de l’art lyrique. Les productions présentées au Théâtre de l’Archevêché ou au Théâtre du Jeu de Paume consacrent ces œuvres en tant que productions lyriques à part entière. [[{"fid":"41881","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Les Madrigaux de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Les Madrigaux de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_caption[fr][0][value]":"Madrigaux (Théâtre du Jeu de Paume). Mise en scène d’Arco Renz et direction musicale de Kenneth Weiss, 2007. Un spectacle de l’Académie européenne de musique, aboutissement de sa résidence de chant. Photographie Elisabeth Carecchio"},"type":"media","field_deltas":{"6":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Les Madrigaux de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Les Madrigaux de Monteverdi, Festival d'Aix-en-Provence 2007","field_caption[fr][0][value]":"Madrigaux (Théâtre du Jeu de Paume). Mise en scène d’Arco Renz et direction musicale de Kenneth Weiss, 2007. 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Il a également contribué à développer un discours autour de Monteverdi, qui, non content d’en faire le premier maillon d’une chaîne de grandes figures de l’opéra le reliant à Lully, Mozart et Wagner, le dépeint aussi comme le fondateur du langage musical moderne : une double définition de l’art lyrique à laquelle le Festival se rattache. On peut ainsi lire dans le programme du Festival de 1967 cet hommage rendu par Claude Rostand à Monteverdi à l’occasion du 400e anniversaire de sa naissance : « L’âme du Festival d’Aix est l’opéra. Et il était bien juste qu’ainsi orienté, ce festival tînt à honorer avec constance, régularité, et diversité le créateur de l’opéra, celui qui, en inventant le genre, et en le portant dès le seuil de l’histoire lyrique à son point de perfection le plus achevé, en résolvait, à l’avance et d’un seul coup, tous les problèmes techniques et expressifs sur lesquels ses successeurs les plus ingénieux ou les plus géniaux allaient ensuite besogner, voire trébucher tout au long des siècles ». La mise en dialogue de l’œuvre de Monteverdi avec des compositeurs contemporains au Festival est courante, comme lors de l’édition 1983 : Il Combattimento, mis en scène par Ian Strasfogel, est précédé de Passaggio de Lucianno Berio (1963). Il s’agit de la création française de cette messa in scena pour soprano, double chœur et orchestre – une réflexion sur le genre de l’opéra, la voix et la dramaturgie, qui fait écho aux expérimentations engagées par Monteverdi quatre siècles auparavant. INTERPRÉTER : LA SPÉCIALISATION DE LA MUSIQUE BAROQUE Des ensembles spécialisés dans l’interprétation de Monteverdi se sont succédé à Aix – au concert comme pour les opéras ou les madrigaux mis en scène, et ce mouvement s’est renforcé depuis les années 1980. René Jacobs, les Arts Florissants dirigés par William Christie, et cette année l’ensemble Cappella Mediterranea de Leonardo García Alarcón. Le Festival programme aussi des concerts de la musique religieuse de Monteverdi, souvent interprétée par les mêmes ensembles de musique spécialisée dans les répertoires baroques. Déjà en 1965, la Princeton Choir était venue interpréter la Selva Morale e spirituale (1641) - un recueil de quarante pièces religieuses dont les liens avec la musique profane de Monteverdi sont étroits. Le 22 juillet 1992, les Arts Florissants donnent à nouveau des fragments de la même Selva morale e spirituale à la Cathédrale Saint-Sauveur.
75 ansAu festival
lundi 4 avril 2022
Il Turco in Italia, Festival d'Aix-en-Provence 2014

LES MILLE FACETTES DE ROSSINI À AIX

Moïse et Pharaon de Rossini (1827) est donné pour la première fois cet été au Festival d’Aix-en-Provence. Œuvre rare, ce grand opéra s’inscrit dans une tradition ancienne du Festival, qui a fait vivre et découvrir les pièces lyriques et les œuvres de musique religieuse de Rossini. Après l’opera buffa (Il Barbiere di Siviglia), l’opera seria (productions de Semiramide et Tancredi au début des années 1980), ainsi que la musique religieuse dans les années 1990, le Festival ouvre en 2022 un nouveau chapitre rossinien avec Moïse et Pharaon. IL BARBIERE DI SIVIGLIA, UNIQUE JOYAU ROSSINIEN AU PAYS DE MOZART Il Barbiere di Siviglia (1816) est une des productions des « origines » du Festival. Créée en 1953, et reprise cinq fois jusqu’en 1969, elle est profondément liée à la période de direction de Gabriel Dussurget. Aux côtés de Don Giovanni, Così fan tutte et Le Nozze di Figaro, Il Barbiere di Siviglia complète les œuvres mozartiennes et fait partie du canon des œuvres des premiers temps du Festival. Pourtant éloigné de la musique ancienne ou de celle de Mozart, l’opéra de Rossini trouve sa place au Festival d’Aix-en-Provence grâce à son sujet. Le livret du Barbiere tout comme celui des Nozze di Figaro se fonde en effet sur les pièces de théâtre de Beaumarchais, Le Barbier de Séville (1775) et Le Mariage de Figaro (1784). Les deux opéras constituent ainsi un diptyque qui justifie la place du Barbiere, opera buffa du XIXe siècle, au Festival. Pour les critiques de l’époque, Rossini est « l’autre génie tutélaire de l’Aix méditerranéen », procède du même esprit et de la même légèreté que celle de Mozart. [[{"fid":"41789","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Il Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini - Festival d'Aix-en-Provence 1967","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Il Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini - Festival d'Aix-en-Provence 1967","field_caption[fr][0][value]":"Il Barbiere di Siviglia, Festival d'Aix-en-Provence 1967. Roger Soyer dans le rôle de Basilio, devant le clavecin et le paravent peints par André Derain. 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Les décors d’André Derain, la mise en scène joyeuse de Maurice Sarazzin, la direction du chef italien Carlo-Maria Giulini (qui vient de prendre la direction de la Scala de Milan l’année de la création du Barbiere à Aix) et les interprétations de Teresa Berganza, Luigi Alva, Marcello Cortis et Roger Soyer à partir de la fin des années 1950 en assurent la popularité. LE FESTIVAL D’AIX ET « LE PUR PLAISIR » DE ROSSINI Au début des années 1970, un autre opéra bouffe de Rossini fait son entrée au répertoire du Festival : L’Italiana in Algeri (1970). C’est ensuite le tour du Turco in Italia (1982), et de La Cenerentola (1983). Ces œuvres sont perçues comme des prolongements du Barbiere, et sont appréciées pour les mêmes caractéristiques esthétiques que celui-ci : fraîcheur, amusement, dépaysement. Les mises en scènes de ces « turqueries » sont particulièrement goûtées par le public. [[{"fid":"41790","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L’Italiana in Algeri - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L’Italiana in Algeri - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_caption[fr][0][value]":"Matias, maquette de costumes de L’Italiana in Algeri, Festival d'Aix-en-Provence 1970. Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, Ville d'Aix-en-Provence - Musée des Tapisseries."},"type":"media","field_deltas":{"2":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"L’Italiana in Algeri - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"L’Italiana in Algeri - Festival d'Aix-en-Provence 1970","field_caption[fr][0][value]":"Matias, maquette de costumes de L’Italiana in Algeri, Festival d'Aix-en-Provence 1970. 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[[{"fid":"41791","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Il Barbiere di Siviglia - Festival d'Aix-en-Provence 1984","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Il Barbiere di Siviglia - Festival d'Aix-en-Provence 1984","field_caption[fr][0][value]":"Il Barbiere di Siviglia, Festival d'Aix-en-Provence 1984 (mise en scène de Roberto de Simone, décors de Mauro Carosi et costumes d’Odette Nicoletti). Au centre, Magali Damonte. 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Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, photographie Ville d’Aix-en-Provence. — [[{"fid":"41792","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Il Turco in Italia, Festival d'Aix-en-Provence 2014","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Il Turco in Italia, Festival d'Aix-en-Provence 2014","field_caption[fr][0][value]":"Il Turco in Italia, Festival d'Aix-en-Provence 2014 (mise en scène de Christopher Alden, décors d’Andrew Lieberman). 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Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, photographie Pascal Victor / ArtcomPress. — (RE)CRÉER : FAIRE REVIVRE L’OPERA SERIA DE ROSSINI Bernard Lefort, ancien chanteur lyrique, prend la direction du Festival en 1974 et modifie considérablement l’orientation du répertoire. Après la renaissance de Mozart, c’est le tour de celle d’une partie de l’œuvre de Rossini : l’opera seria. Le Festival de Pesaro (Italie), ville natale de Rossini, est créé en 1980 et se donne pour mission de redonner ses lettres de noblesse à l’ensemble de la production lyrique du compositeur. C’est pourtant à Aix-en-Provence que ressuscitent précocement les œuvres « sérieuses » de Rossini : Elisabetta Regina d’Inghilterra (1975), Semiramide (1980), Tancredi (1981). Le mouvement commence en 1975 avec une production inédite d’Elisabetta, Regina d’Inghilterra aux arènes d’Arles. Montserrat Caballé endosse le rôle-titre. La production donne lieu à un enregistrement, qui sert longtemps de version de référence, jusqu’à la fin des années 1990. En 1980 et 1981, deux grandes réussites viennent couronner la fin du mandat de Bernard Lefort avant sa prise de fonction à la tête de l’Opéra de Paris. Les productions de Semiramide (mise en scène de Pier Luigi Pizzi) et de Tancredi (mise en scène de Jean-Claude Auvray) montrent ainsi que Rossini n’est pas seulement le compositeur du léger Barbiere di Siviglia. Le succès est notamment dû aux deux duos de chanteuses qui incarnent les protagonistes de ces opéras. Exigeants sur le plan de la virtuosité vocale comme sur celui de l’expression dramatique, ces duos de femmes (la mezzo-soprano Marylin Horne incarnant toujours les personnages masculins) présentent la séparation douloureuse de couples déchirés par des enjeux politiques. L’exécution brillante de ces airs dans des mises en scènes novatrices font de ces productions de grands moments du Festival. REPORTAGE VIDÉO : MONTSERRAT CABALLÉ (SÉMIRAMIS) & MARYLIN HORNE (ARSACE) Louis Erlo, directeur du Festival de 1982 à 1996, poursuit l’impulsion donnée par Bernard Lefort. Il programme ainsi en 1988 Armida, qui rencontre un succès plus mitigé malgré un casting de haut niveau – la soprano américaine June Anderson incarnait Armide. Cet été, le grand opéra de Rossini Moïse et Pharaon sera également servi par de grandes voix, et prolongera l’excellence du Festival en la matière : Michele Pertusi, Pene Pati et Jeanine de Bique participeront à cette nouvelle production. INTERPRÉTER : ROSSINI, DE LA SCÈNE LYRIQUE AU CONCERT Au tournant des années 1990, le répertoire de Rossini acquiert une nouvelle place au Festival. En 1992, on célèbre le bicentenaire de la naissance du compositeur. Cet événement accentue le travail de recherche autour son œuvre, et fait découvrir un autre aspect du musicien, qui est aussi compositeur de musique sacrée. Rossini achève ainsi de perdre son étiquette de compositeur d’opéra léger, et l’on salue alors la richesse musicale de son œuvre. À partir de 1990, le Festival propose en concert à la Cathédrale Saint-Sauveur sa Messa di Gloria (1820), son Stabat Mater (1842) et sa Petite messe solennelle (1864). En 1992, le Festival d’Aix marque à sa façon le bicentenaire de la naissance de Rossini, en proposant un concert-hommage de Samuel Ramey au Théâtre de l’Archevêché. Ce grand interprète du répertoire du bel canto avait participé à la production de Semiramide en 1980. En 1992, il chante des extraits du Barbiere, de Semiramide et de Tancredi, œuvres lyriques les plus marquantes de Rossini au Festival. À l’occasion de Parade[s] en 2014, l’orchestre et les solistes de la production du Turco in Italia célèbrent à nouveau le compositeur sur le Cours Mirabeau pour un grand concert gratuit. [[{"fid":"41793","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Parade[s] - Festival d'Aix-en-Provence 2014","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Parade[s] - Festival d'Aix-en-Provence 2014","field_caption[fr][0][value]":"Alessandro Corbelli et Olga Peretyatko interprètent des extraits du Turco in Italia sur le cours Mirabeau, sous la statue du Roi René, à l’occasion du concert public Parade[s] - Festival d'Aix-en-Provence 2014. Ils sont dirigés par Marc Minkowski et accompagnés par les Musiciens du Louvre. Fonds du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, photographie Festival d’Aix / Photographie Patrick Berger / ArtcomPress"},"type":"media","field_deltas":{"6":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Parade[s] - Festival d'Aix-en-Provence 2014","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Parade[s] - Festival d'Aix-en-Provence 2014","field_caption[fr][0][value]":"Alessandro Corbelli et Olga Peretyatko interprètent des extraits du Turco in Italia sur le cours Mirabeau, sous la statue du Roi René, à l’occasion du concert public Parade[s] - Festival d'Aix-en-Provence 2014. Ils sont dirigés par Marc Minkowski et accompagnés par les Musiciens du Louvre. 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75 ansAu festival
lundi 21 mars 2022
Idoménée de Mozart - Festival d'Aix-en-Provence 1963

[RE]CRÉER IDOMENEO DE MOZART

Cette année, le Festival monte une nouvelle production d’Idomeneo, Re di Creta de Mozart (1781). Elle est mise en scène par Satoshi Miyagi, metteur en scène japonais de renom international, qui relie les traditions théâtrales orientales et occidentales, et dont Idomeneo constitue le premier travail pour l’opéra en Europe, et dirigée par Raphaël Pichon, directeur de l’Ensemble Pygmalion, fidèle au Festival et réputé pour ses interprétations de musique ancienne et classique. Œuvre rare, il ne s’agit que de la quatrième production qu’en propose le Festival d’Aix depuis sa fondation en 1948. Aix-en-Provence est le lieu français d’élection de la redécouverte de Mozart par le grand public. Certaines œuvres du compositeur autrichien avaient fait l’objet d’une première redécouverte dans l’entre-deux-guerres, mais étaient souvent jouées de façon partielle ou escamotée, en français et non en allemand ou en italien. Le Festival accentue ce travail d'exhumation après la Seconde Guerre mondiale. Oublié rapidement après sa création, redécouverte au tournant du XIXe et du XXe siècle notamment par Strauss, puis à Salzbourg et Glyndebourne au début des années 1950, Idomeneo rejoint le canon mozartien du Festival en 1963. Le Festival d’Aix se fait alors un laboratoire du travail musical sur Idomeneo, et plus largement sur l’ensemble de l’œuvre lyrique de Mozart, notamment en confiant sa direction musicale à des orchestres ou des ensembles spécialisés dans l’interprétation de la musique de l’époque classique. 1963-1966 : REDONNER VIE À IDOMENEO Gabriel Dussurget, fondateur et directeur artistique du Festival de 1948 à 1972 souhaite redonner vie à l’opera seria de Mozart en Provence. Le succès est au rendez-vous, et la production est reprise en 1966. Peter Maag dirige chaque fois l’Orchestre des Concerts Colonne. Le chef suisse, alors au début de sa grande carrière de directeur musical d’opéras mozartiens, ressuscite la partition de Mozart pour le public d’Aix, dans une version toutefois quelque peu tronquée. Suzanne Lalique signe les décors de ce premier Idomeneo du Festival. Le grand dragon articulé surgissant des flots au cours du deuxième acte est sans doute la pièce emblématique de l’œuvre. La jeune artiste se lance dans la peinture et la scénographie pendant l’entre-deux-guerres. Elle conçoit notamment les décors pour les mises en scènes de Jean Meyer à la Comédie Française. Au Festival d’Aix, Gabriel Dussurget la sollicite pour travailler sur Dido and Aeneas de Purcell (1960), Il combatimento de Monteverdi et L’incoronazione di Poppea (1961), puis Idomeneo. Dans Idomeneo, Mozart compose deux moments de ballet : un intermezzo et un ballet final. En 1963, Georges Skibine, maître de ballet de l’Opéra de Paris et ancien danseur des Ballets russes, chorégraphie l’intermezzo de l’acte I. Ce n’est pas la seule fois où les héritiers des Ballets russes participent au Festival - Gabriel Dussurget avait un goût tout particulier pour la danse et les compagnies découvertes dans le cadre de son travail au Théâtre des Champs-Élysées. Il veut faire d’Aix un creuset de la modernité artistique, y recréer une association entre les arts plastiques, la musique, la danse. 1986, PREMIÈRE INCURSION D’IDOMENEO EN EXTRÊME-ORIENT En 1986, Louis Erlo - directeur du Festival entre 1982 et 1996, en même temps qu’il dirige l’Opéra de Lyon et l’Opéra Studio de l’Opéra de Paris - monte une nouvelle version de l’œuvre. Elle est dirigée par Hans Graf, spécialiste de Mozart et alors à la tête du Mozarteum de Salzbourg. La mise en scène est assurée par Pierre Strosser, qui propose une scénographie épurée et librement inspirée du théâtre Nô. Sur un long plan incliné représentant le rivage crétois, les personnages défilent avec lenteur. La tension dramatique de la musique de Mozart se prolonge dans cette mise en scène presque immobile.      [[{"fid":"41768","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":false,"field_file_image_title_text[fr][0][value]":false,"field_caption[fr][0][value]":"DR"},"type":"media","field_deltas":{"4":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":false,"field_file_image_title_text[fr][0][value]":false,"field_caption[fr][0][value]":"DR"}},"attributes":{"class":"media-element file-newsletter","data-delta":"4"}}]]Idomeneo, production de 1986. Acte II, n°11, « Se il padre perdei », Sylvia Greenberg et Philip Langridge. Patrice Cauchetier propose des costumes d’inspiration coréenne, rejoignant l’univers asiatique convoqué par Pierre Strosser. Patrice Cauchetier est l’un des créateurs costume les plus importants de sa génération, notamment en essayant de rendre le costume de scène crédible, ancré dans une époque, informé historiquement. Cette réalisation pour Idomeneo en est une belle démonstration. Avec la mise en scène de Satoshi Miyagi, ce sera donc la seconde fois qu’Idomeneo rencontre à Aix l’imaginaire extrême-oriental : influences coréennes en 1986, japonaises en 2022. [[{"fid":"41775","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Patrice Cauchetier, maquettes de costumes pour Idomeneo, 1986. Fonds du Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, Ville d'Aix-en-Provence - Musée des Tapisseries, don de l’artiste","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Patrice Cauchetier, maquettes de costumes pour Idomeneo, 1986. 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[[{"fid":"41769","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_caption[fr][0][value]":"Elisabeth Carecchio"},"type":"media","field_deltas":{"5":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_caption[fr][0][value]":"Elisabeth Carecchio"}},"attributes":{"alt":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","title":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","class":"media-element file-newsletter","data-delta":"5"}}]]Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Richard Croft (Idomeneo), dirigé par Marc Minkowski - Festival d'Aix-en-Provence 2009 © Elisabeth Carecchio Dans un impressionnant décor de Pierre-André Weitz, véritable « cosmogonie à trois niveaux », Olivier Py traite la thématique mythologique d’Idomeneo comme un sujet de société. Le conflit qui oppose Idamante à son père fait écho au malaise inconscient d’une génération post-soixante-huitarde, déroutée par les ordres arbitraires de leurs aînés. Le chœur, qui évolue sous de grands échafaudages, amplifie le drame familial qui se joue au-dessus de lui. [[{"fid":"41770","view_mode":"newsletter","fields":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_caption[fr][0][value]":"Elisabeth Carecchio"},"type":"media","field_deltas":{"6":{"format":"newsletter","field_file_image_alt_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_file_image_title_text[fr][0][value]":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","field_caption[fr][0][value]":"Elisabeth Carecchio"}},"attributes":{"alt":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","title":"Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Festival d'Aix-en-Provence 2009","class":"media-element file-newsletter","data-delta":"6"}}]]Idomeneo de Mozart dans la mise en scène d'Olivier Py - Le chœur de la Radio de Berlin dans un décor de Pierre Weitz - Festival d'Aix-en-Provence 2009 / © Elisabeth Carecchio
75 ansAu festival
mardi 8 mars 2022