CAROLINE ET ÉRIC FREYMOND, MÉCÈNES DU CERCLE INCISES

Et vous Publié le 02/03/2022

— Caroline et Éric Freymond vous êtes parmi les fondateurs du Cercle Incises qui soutient la création contemporaine au Festival d’Aix-en-Provence, pourquoi cet engagement ?

C’est grâce à l’heureuse initiative de Béatrice Guesnet-Micheli, déjà mécène du Festival, que nous avons eu accès au projet d’opéra, imaginé par le compositeur Samir Odeh-Tamimi, L’Apocalyspe arabe, donné pour la première fois à Arles en juillet 2021. Cette œuvre, basée sur un texte prémonitoire des troubles et ravages qui allaient secouer cette région du monde, a été écrit par l’artiste et poètesse Etel Adnan, qui s’est éteinte tout récemment, et dont nous sommes de fervents admirateurs et collectionneurs. Nous avons tout de suite été séduits par ce projet lyrique, créant des passerelles entre une musique inspirée, porteuse de sens et de circonstance : la poésie, l’histoire et un langage visuel à dimension prophétique.
Et donc, c’est fort de ces impressions, puissantes et mêlées que nous avons décidé de soutenir la production de cette création mondiale et de rejoindre le Cercle Incises du Festival d’Aix-en-Provence créé pour l’occasion.

— Quel souvenir marquant gardez-vous de l’édition 2021 du Festival et de ses créations L’Apocalypse arabe et Innocence ?

Nous n’avons malheureusement pas pu assister à la représentation d'Innocence, mais les échos qui nous sont parvenus à propos de ce spectacle s’accordaient tous à le reconnaître comme particulièrement original et audacieux : un véritable triomphe. Grâce à une rencontre de présentation préliminaire de ce spectacle dans le cadre du parcours du Cercle Incises, j’ai été personnellement interpellée par le propos, la mise en scène et la montée en puissance du drame. Quant à L’Apocalypse arabe, représentée dans les ateliers de la fondation Luma à Arles, que nous avons visités et découverts au même moment avec grand intérêt lors d’un voyage proposé par le Cercle du Grand Théâtre de Genève, nous avons beaucoup apprécié sa puissance d’évocation, au cœur de cet écrin ouvert à la création contemporaine et au développement de nouveaux matériaux qui, à l’instar de L’Apocalypse arabe, explorent notamment les questions des origines et des racines.

— Le mécénat est à la pointe de l’accompagnement du développement du projet de Pierre Audi, comment imaginez-vous le Festival dans cinq ans ?

Ayant eu l’occasion de rencontrer Pierre Audi à diverses reprises et d’échanger avec lui sur ses ambitions, ses projets et ses réalisations en cours pour le Festival, nous sommes convaincus que, dans cinq ans, les habitués et les nouveaux festivaliers auront vécu une aventure inédite, mêlant art contemporain et héritage, et faisant œuvre pionnière de création en soi. Il faut une vision et une grande connaissance de tous les arts pour les conjuguer et parvenir à les faire dialoguer dans une volonté d’actualiser des œuvres incontournables du répertoire sans les dénaturer ou d’ouvrir la voie, dans le monde lyrique, à une création qui fait sens aujourd’hui. La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à nos pensées, selon l’enseignement de Platon, et Pierre Audi, en animant ce Festival comme il le fait, nous a donné et nous donnera encore beaucoup à vivre ! C’est par cette ouverture multidisciplinaire, pleinement maîtrisée, que le Festival parviendra à obtenir le soutien d’un mécénat de qualité acquis à cette belle aventure.

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