— Académie

Publiée le 22 avril 2016

Shooting photo pour le Quatuor Van Kuijk

CD Lauréat HSBC Quatuor Van Kuijk
© Clark & Pougnaud

Marqué par le théâtre et l’esthétique des années 1920-1930, l'univers des photographes Clark & Pougnaud (Lauréats HSBC de la Photographie) semble, a priori, plutôt éloigné de la commande de l’Académie du Festival d’Aix pour la réalisation de la couverture du CD du Quatuor Van Kuijk (Lauréat HSBC de l'Académie), coproduit par Alpha Classics. Ils répondent à nos questions pour nous éclairer sur les objectifs de cette collaboration inspirante.

 

En quoi la musique classique peut s’avérer être un thème inspirant en photographie ?

Lorsque nous sommes seuls à l’atelier, nous écoutons toujours de la musique en travaillant.
La musique classique colle à toutes les humeurs, elle ouvre l’esprit et fait naître des images très fortes. Il suffit de fermer les yeux et nous voyageons immédiatement.
La photographie en cela n’est pas différente des autres formes d’expression, surtout quand on peut créer de toute pièce les décors et les lumières.

Vous cherchez à « suspendre le temps » dans votre travail photographique ; l’idée pour cette couverture était-elle de donner un caractère intemporel au Quatuor Van Kuijk ?

Intemporel, le temps le dira… Nous avons cherché à créer une atmosphère qui se rapporte à la musique qu’ils interprètent sur ce CD, sans qu’elle ne le montre en représentation pour autant. Nous avons donc préféré un plan large, pour que flottent autour d’eux les notes, après la performance. 

Quelle histoire raconte finalement cette image ? Celle d’un jeune quatuor du XXIe siècle ?

C’est l’histoire d’un jeune quatuor photographié après une représentation, donnée un dimanche d’été en fin d’après-midi, dans une ville tranquille. Ils sont en chemise, pieds nus.
Ils nous ont fait remarquer, à la prise de vue, que la première chose qu’ils font après une représentation est de ranger leurs instruments, bien avant d’enlever leurs chaussures ou leurs vestes. Mais pour que l’histoire puisse exister il fallait qu’ils gardent avec eux leurs instruments. Par ailleurs, nous aimons beaucoup photographier les gens pieds nus, car ils semblent être comme «  à la maison », ça les rend plus proches. 
C’est peut-être cela la touche XXIe siècle…

La suspension du temps est bien souvent un des effets mêmes provoqués par la musique classique sur son auditoire. Est-ce un genre musical que vous avez l’habitude d’écouter ?

Oui, régulièrement. Nous branchons la radio sur France Musique (tant qu’il n’y a pas de pubs…) pour travailler.

Votre travail avec le quatuor va également faire l’objet d’une réalisation vidéo à partir des images du shooting. Quelle forme cette vidéo va-t-elle prendre et quel en est l’objectif ?

La maison de disque Outhere (Alpha Classics) et l’Académie du Festival d’Aix nous ont commandé un teaser d’une durée d’1min30 environ, l’idée étant d’y retrouver la maquette fabriquée pour la pochette du CD. Pour le reste, c’était carte blanche.

Est-ce également une manière pour vous d’explorer de nouvelles possibilités dans votre travail artistique ?

Par le passé, nous avons exploré trois ou quatre fois l’image animée, à la demande de lieux d’expositions. Tous nos décors étant fabriqués avec du papier et du carton, il y avait une suite presque « logique » à nous diriger vers le « stop motion ». En laissant libre cours à notre imagination, à notre fantaisie et, dans le cas présent, en nous laissant porter par la musique,  nous prenons autant de plaisir à travailler l’image animée que l’image fixe, et le résultat nous ressemble. Nous avons constamment des idées, donc toutes les propositions nouvelles qui peuvent être adaptées à notre démarche artistique (lenteur, fabrication manuelle, poésie, simplicité) nous donnent immédiatement l’envie d’essayer.

Est-ce que l’on aura le plaisir de vous croiser au Festival d’Aix cet été ?

Nous serions ravis de nous y rendre.
 

Retrouvez le Quatuor Van Kuijk en concert le 2 juillet au Festival à l'occasion de la sortie du CD
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