— Passerelles

Publiée le 4 avril 2014

RENCONTRE SON ET LUMIÈRE AVEC LES ÉQUIPES TECHNIQUES DU FESTIVAL

Die Zauberflöte – De Nederlandse Opera 2012
La Flûte enchantée 2014 © Clärchen & Matthias Baus

Les élèves du lycée Blaise Pascal, en Diplôme Métiers d’Arts Régie du spectacle vivant options son et lumière, ont pu rencontrer les équipes techniques du Festival d’Aix. Ils ont ainsi découvert les implications techniques d’une production telle que celle de La Flûte Enchantée, dans la mise en scène de Simon McBurney programmée cette année au Festival.

Merci à Gaëtan, Romain G., Elie (option lumière), Robin, Kim et Lucie (option son) pour le compte-rendu de ces rencontres !

Tout d’abord, nous souhaitons remercier les intervenants qui nous ont rendu visite au lycée la semaine dernière, puis par la suite nous ont donné la grande chance de visiter les ateliers de création et de mise en œuvre de ce merveilleux festival. En effet, nous avons pu découvrir les différents procédés du Festival avec les différentes étapes de conception avant la réalisation finale des projets.

Nous tenons à remercier chaleureusement les régisseurs pour le temps qu’ils nous ont accordé pour nous parler de l’aspect technique.

Ils ont pu nous expliquer le fonctionnement des équipes, les différentes tâches réparties… Nous avons pu leur poser des questions, ils nous ont éclaircis avec brio !

Notre visite s’est déroulée en deux parties:

Visite des locaux, les différents corps de métier qui participent à la mise en œuvre du Festival.

Dans les ateliers de Venelles sont construits les décors des différents opéras qui seront joués en juillet lors du Festival d’art lyrique d’Aix-en Provence. On y conçoit également les implantations son, vidéo et lumière.

Dans un premier temps, nous étions accompagnés du directeur technique du Festival, Philippe Delcroix, qui nous a fait visiter les différents lieux : les bureaux administratifs, les bureaux de conception/recherche, la menuiserie, la ferraillerie et la décoration. A chaque fois il nous présentait les personnes et décrivait rapidement en quoi consistait leur travail. Nous avons fini par le hall d’entrée où sont exposées les différentes maquettes de décors fournies par les metteurs en scène.

Chaque production est créée spécialement par le Festival (sauf La Flûte Enchantée de cette année). C’est-à-dire qu’un livret est choisi, puis un scénographe crée une maquette du décor. Cette maquette va ensuite dans le bureau d’étude ou l’on trace tous les plans et l’on étudie la faisabilité du décor. Une fois que tout est bien validé, les plans sont envoyés dans les bureaux des chefs de travaux (menuiserie, serrurerie, décoration, peinture); à partir de ce moment-là, le décor commence à être réalisé.

Le décor commence son itinéraire du côté de la serrurerie, qui fabrique la structure. Pendant ce temps-là, les menuisiers fabriquent la façade qui viendra s’accoupler avec la structure métallique. Lorsque les pans de mur sont terminés, ils partent au service déco pour que les décorateurs apportent la matière (polystyrène ou autre) qui donnera la forme (brique, carrelage etc…). Puis interviennent les peintres qui donnent la couleur. Pendant tout ce temps de construction, le scénographe vient vérifier le rendu, et si cela ne convient pas des retouches peuvent être faites.

Dans un deuxième temps, après avoir visionné un diaporama détaillant le décor deLa Flûte Enchantée, la classe est séparée en deux, selon la spécialité de chacun afin de rencontrer le régisseur son ou le régisseur lumière.

Option lumière

Nous sommes allés dans une petite salle destinée à la réception où Jean-Pascal Gauchais, le régisseur lumière général, nous a expliqué sa façon de travailler, et le matériel mis en œuvre pour La Flûte Enchantée : tout d’abord il travaille sur plan avec le logiciel Autocad qui est synchronisé avec les ordinateurs de toutes les autres sections (décorateurs, etc.) Il prend en compte les demandes de l’éclairagiste et fait certains compromis : par exemple, remplacer un certain modèle de projecteur par un autre afin de réduire les frais de location et/ou d’avoir une plus grande efficacité. Ensuite vient le montage et le réglage avec tous les techniciens, qui sont très nombreux. Enfin il y a l’encodage qui consiste à programmer tous les événements lumineux sur la console (une Compulite Vector), selon les demandes de l’éclairagiste et du metteur en scène.

Le Festival dispose d’un parc lumière de 2500 projecteurs dont 60 asservis, mais chaque année du matériel est loué en plus.

Durant le Festival, des équipes sont créées. Dans chaque lieu il y a un chef électro avec son adjoint puis des électro au plateau avec deux régisseurs qui restent derrière la console pour faire la programmation.

Cette visite d’ateliers nous a beaucoup intéressés car elle nous a replongé dans l’ambiance de nos stages respectifs. Certains d’entre nous aimeraient travailler dans une maison d’opéra car on y effectue un travail sérieux, organisé, rapide et efficace, et le résultat est de qualité.

Option son

La rencontre avec le régisseur son a été très enrichissante. Philippe Roussel nous a parlé de sa passion, sans nous cacher les réalités du métier. Il nous a présenté le système vidéo du spectacle, avec une liaison de contrôle des vidéoprojecteurs et comme source la captation vidéo en direct par deux caméra sur le plateau, ainsi que les micros HF, les micros du bruiteur présent sur le plateau et le plan d’implantation sonore.

L’aspect technique a été bien abordé, clairement, de façon pédagogique. C’était très bien et cela nous a confortés dans notre désir de perdurer dans le milieu du spectacle vivant. L’opéra demande des nerfs d’acier et une bonne gestion du stress qui ne s’acquiert qu’avec de l’expérience.

La présentation de la diffusion vidéo pour le spectacle La Flûte enchantée nous a été présentée en salle de réunion, et nous nous somme tous très vite rendu compte de l’importance de la partie vidéo dans le spectacle contenant 2 circuits vidéo et 5 vidéoprojecteurs de 16k à 21k Lumens + 1 de dépannage, c’est une partie qui coûte très cher à la production du spectacle et c’est pour cette raison que certaines dispositions ou demandes ont été revisitées par le régisseur vidéo-son afin de trouver un compromis entre la demande artistique et les possibilités budgétaires.

En conclusion

Nous avons trouvé la visite des lieux vraiment très intéressante car nous avons pu voir les différentes étapes de création scénique d’un spectacle, et nous avons trouvé une certaine magie dans ce lieu. Que ce soit dans les bureaux de communication, de dessin, ou encore dans les ateliers de ferronnerie, de décoration, etc… Tant de personnes issues de corps de métiers différents travaillent en même temps, dans un même lieu, sur un même projet de spectacle et fabriquent à la main, de façon artisanale, la totalité du décor, s’attardant sur le moindre petit détail. Et c’est ça qui fait la magie du spectacle, c’est grâce à ce travail en amont d’une première représentation que chaque détail est minutieusement mis en valeur et intégré en parfaite harmonie avec l’ensemble du décor.

Gaëtan, Romain, Elie (option lumière), Robin, Kim et Lucie (option son)