— Au festival

Publiée le 18 juin 2021

NINA STEMME : LA PLUS GRANDE ISOLDE DE NOTRE ÉPOQUE !

© Neda Navaee

Internationalement reconnue, la soprano Nina Stemme incarne cette année au Festival d’Aix-en-Provence le rôle majeur de sa carrière : Isolde, dans l’opéra de Wagner qui narre les péripéties du couple mythique qu’elle forme avec Tristan. Suédoise d’origine, elle commence par des études d’économie, tout en suivant une formation de cantatrice à l’Opéra Studio de Stockholm. Le chant finit par l’emporter et elle fait ses débuts sur scène avec Chérubin en 1989. À tout juste trente ans, elle gagne le premier concours international de chant lyrique Operalia, organisé par Plácido Domingo qui l’invite à le rejoindre pour une série de concerts sur de grandes scènes lyriques, puis plus tard, pour un enregistrement du rôle wagnérien à ses côtés.

Nina Stemme est une artiste qui prend le temps de découvrir les personnages auxquels elle donne vie en fonction de sa voix. Après avoir interprété les rôles de Pamina, la Comtesse des Noces de Figaro, Agathe ou encore Eva, elle élargit peu à peu sa palette avec des partitions pour soprano lyrique puis dramatique. Mimi, Manon, Tosca, Aida ou Turandot côtoient les figures wagnériennes et straussiennes : La Maréchale, Senta, Elsa, Brünnhilde ou même Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch. Ses performances en Elektra ou Salomé la placent d’emblée dans la lignée des plus grandes sopranos dramatiques du XXe siècle, Kirsten Flagstad et Birgit Nilsson.

Elle emporte les suffrages par la puissance de sa voix pleine de rondeur, par la facilité avec laquelle elle chante ce que d’autres redoutent, sans paraître produire le moindre effort. L’endurance de son souffle, la souplesse avec laquelle elle parcourt toute sa tessiture font de Nina Stemme une artiste hors pair, que ce soit à l’opéra ou en concert. Car elle sait s’adapter aux histoires et genres les plus variés : en parallèle de son rôle-titre, elle donne aussi cette année un récital en duo, avec le pianiste Magnus Svensson, dans un programme qui prolonge l’opéra allemand et le thème de l’amour éternel.

Le rôle d’Isolde marque une étape décisive dans son parcours. Elle l’interprète pour la première fois en 2003, sur la scène du Festival de Glyndebourne ; et c’est une révélation, une sidération générale. Cette partition, qu’elle travaille avec Birgit Nilsson elle-même, est l’une des plus exigeantes du répertoire. Tenir la partie d’Isolde présente d’immenses défis : « On n’est jamais prête pour chanter ces rôles gigantesques », explique la soliste. La musique demande un certain état d’esprit que toutes ne possèdent pas, car c’est un véritable marathon. Jouer cette femme amoureuse sans se jeter corps et âme dans la bataille musicale est impossible ; et il faut accepter de se laisser entièrement habiter par l’univers wagnérien de Tristan et d’Isolde. Régulièrement invitée par les salles les plus renommées pour chanter le rôle et l’enregistrer, Nina Stemme est sans conteste la plus grande Isolde de notre époque !