Impromptu musical avec Raphaël Imbert et Geneviève Sorin au Jas de Bouffan (2014)
Vincent Beaume

Lever de voile sur OUVERTURE[S]

Jeudi 21 avril 2016

Le 4 juin prochain, Ouverture[s] ouvrira le bal d’Aix en Juin. Nul besoin de carton d’invitation pour participer à la fête : comme son nom l’indique, cette déambulation à travers le quartier du Jas de Bouffan ouvrira grand les portes du Festival d’Aix, en musique et en mouvement. Alors que les répétitions s’accélèrent, les énergies de l’ensemble des participants et des artistes intervenants se fédèrent autour d’un projet placé sous le signe du partage et de la convivialité. 

Avec Le Monstre du labyrinthe en 2015, les services Passerelles du Festival ont acquis une solide expérience de mobilisation de grands effectifs d’amateurs. Cette année, en partenariat avec la Fondation Vasarely et le Bois de l’Aune, c’est en plein air et dans les espaces culturels du quartier qu’ils proposent aux choristes amateurs et musiciens des orchestres scolaires de faire sonner leurs voix et leurs instruments. Et cela, ça se prépare ! 

 

À un mois et demi de l’événement, c’est maintenant que tout ça va s’accélérer. On va commencer à réunir les différents acteurs, qu’il s’agisse de groupes scolaires, de chœurs amateurs, d’associations… Un peu comme pour un puzzle : il faut confronter des morceaux qui sont autant d’univers très différents, en faisant le pari qu’ils vont s’emboîter. Et c’est dans cette rencontre que se situe le vrai défi. 

Philippe Franceschi, chef de chœur

Car Ouverture[s], c’est aussi une belle aventure humaine faite de partages et de rencontres. Rencontres entre musiciens, entre les univers artistiques, mais aussi entre les habitants du quartier et le public venu partager cet événement.

 

Les notions de communication et de partage sont au cœur d’Ouverture[s]. Il faut trouver des petits matériaux très simples qui puissent se partager facilement, avec l’ensemble des différents participants qui vont se joindre au projet. Comment les rassembler tous dans un même élan de partage ? Pour cela, il faut trouver une forme d’unisson. Et pour moi, en tant que chorégraphe, cela signifie de travailler au plus près des gens, dans leur capacité rythmique et dans leur présence, en s’appuyant sur un mouvement que nous partageons tous, à savoir la marche. On ne sera pas dans un travail chorégraphique au sens strict du terme, mais plutôt dans un travail d’écoute, de présence corporelle, de spatialisation, et de relation aux autres dans ces déplacements, que ce soit au sein du groupe comme avec le public.

Geneviève Sorin, chorégraphe

Une histoire de transmission
Pour donner le la et mener la danse de cette fête chamarrée, il ne fallait pas moins que des professionnels passionnés tels que les chorégraphes Geneviève Sorin et Léa Canu Ginoux, les musiciens Raphaël Imbert et Mark Withers, le chef de chœur Philippe Franceschi et le Quatuor Béla, avec l’aide précieuse des musiciens-relais de l’Académie. Pédagogues dans l’âme, ces artistes encadrants rivalisent d’inventivité pour partager leur amour de la musique et la rendre accessible à tous. Une contribution qui s’inscrit aussi dans la continuité de leur travail mené de longue date avec Passerelles et le Festival d’Aix…

 

Ce qui me plaît dans mon travail, c’est de trouver des méthodes qui soient adaptées aux amateurs, pensées pour eux.  Comment les aider à mémoriser une partition ? Comment faire pour qu’ils se sentent suffisamment impliqués, à l’aise et légitimes pour porter un contenu musical ambitieux, dans une situation qui n’est pas des plus confortables ? Ce sont des questions qu’on n’a pas à se poser quand on est face à des musiciens professionnels. Mais là, on touche à la question de la transmission orale. On fait le pari de résoudre cette équation : façonner une composition qui peut sembler complexe à l’oreille, tout en la faisant apparaître facile dans la transmission. La réussite, pour moi, c’est lorsque mes choristes me disent : « en fait ça va, ça n’est pas si difficile »… alors même que je leur donne une partition de Stravinski !

Philippe Franceschi

  

La transmission à la jeune génération est au cœur de ma démarche actuelle. Léa Canu Ginoux, la jeune chorégraphe que je suis depuis plusieurs années, s’apprête à prendre le relais de ma compagnie, et je l’accompagne dans cette transition. Pour moi, cela fait aussi partie de ces couches de liens et de ces superpositions de relations qui sont à l’œuvre dans Ouverture[s] : c’est un projet qui est axé sur le partage et la transmission, à tous les niveaux. Et c’est justement ce qui me passionne à plusieurs titres, dans le cadre du Festival comme dans celui de mon cheminement artistique.

Geneviève Sorin

Les participants au projet

- Orchestre de l’école (OAE) Maurice Korsec à Marseille et de la Cité de la Musique de Marseille
- Orchestres aux collèges (OAC) : Collège Lei Garrus à Saint Maximin, Collège Paul Eluard à Port-de-Bouc, Collège Versailles à Marseille en partenariat avec la Cité de la Musique à Marseille
- Chœurs amateurs (sous la direction de Philippe Franceschi assisté de Vincent Cladere) : Chœur Ibn Zaydoun, dirigé par Moneim Adwan, Chœur Antequiem dirigé par Philippe Franceschi, Chœur de la Tour d’Aigues dirigé par Vincent Cladère, Chœur Les Maitres Chanteurs dirigé par Vincent Cladère, Chœur Libre Voce dirigé par Günter Scholler

En amont du projet et pendant l’événement, associations et établissements scolaires seront les relais sur le quartier du Jas de Bouffan pour que petits et grands rejoignent cette proposition festive.

Avec le soutien de

Fondation Total

 

M. et Mme Rupert Hambro