— Au festival — Passerelles

Publiée le 12 juin 2015

LA COLOMBE S’ENVOLE HORS LES MURS

a Colombe, le renard et le héron à la cité de la Pinette à Aix-en-Provence
© Vincent Beaume

« Si la parole est d’argent, le silence est d’or »…

Les premières phrases de La Colombe, le renard et le héron retentissent à nouveau à Aix-en-Provence. Mais cette fois, pas en centre-ville : loin du cours Mirabeau et des lieux familiers aux festivaliers, c’est à la Cité de la Pinette, dans un quartier excentré d’Aix-en-Provence, que se raconte et se chante cette fable cruelle. Une expérience riche et inédite pour le public, comme pour le metteur en scène Olivier Letellier, le compositeur Moneim Adwan, la comédienne Hala Omran, le violoniste Zied Zouari et le Chœur multiculturel Ibn Zaydoun…

Fidèles du festival et habitants du quartier, enfants, jeunes et moins jeunes : plusieurs dizaines de personnes sont rassemblées devant une scène improvisée, dans un espace au cœur de la cité choisi pour son acoustique. Certains sont venus exprès à la Pinette pour l’occasion, d’autres assistent pour la première fois à un événement du Festival, certains même découvrent par hasard que quelque chose se passe en bas de chez eux, alors qu’ils rentrent du travail. On aperçoit aussi quelques têtes penchées depuis les balcons des immeubles alentour…

Si les liens entre les associations locales et le service socio-artistique du Festival existent depuis de nombreuses années déjà, c’est la toute première fois qu’un spectacle est proposé en entier dans ce quartier. Nadia Safer, éducatrice au sein de l’association Addap 13 et membre du Chœur Ibn Zaydoun, a particulièrement œuvré pour que ce projet se réalise. « Ce qui est important, pour nous, c’est vraiment d’ouvrir les esprits, et de permettre aux gens de se rencontrer », nous explique-t-elle à l’issue du spectacle. « Ce soir, il y a eu beaucoup d’habitants du quartier qui étaient présents, et surpris de voir de nouvelles têtes, ce à quoi ils ne s’attendaient pas forcément… certains n’osaient pas trop s’approcher, mais de manière générale, on sent bien que les gens sont ravis ! Tout ça leur donne l’impression que leur quartier vit, et c’est valorisant pour eux que d’autres personnes acceptent de venir ici à leur rencontre, même si ça peut en impressionner certains. Bien entendu, le travail est loin d’être fini pour amener tous ces différents publics à échanger, à partager. C’est pour ça qu’un projet comme celui-ci est important ; d’ailleurs, c’est le souhait des familles, ici, que l’expérience soit renouvelée ! » Un sentiment que nous confirme l’une des habitantes du quartier, très enthousiaste à l’issue du spectacle : « c’est formidable qu’il y ait une chose comme ça dans le quartier, il faut que ça se reproduise ! Je pense que les gens vont en parler autour d’eux, et l’année prochaine je suis sûre que des gens qui n’auront pas osé venir cette fois-ci vont passer le pas… »

Alors, rendez-vous l’an prochain à la Pinette ?