Publiée le 12 juillet 2013

JOURNAL DE BORD : ALEFBA

Nous avons vécu à Aix-en-Provence ce mercredi 10 juillet deux événements hors normes qui se sont suivis à un quart d’heure d’intervalle.
L’un était la première d’Elektra de Strauss, sous la direction d’Esa-Pekka Salonen et dans une mise en scène de Patrice Chéreau.

L’autre, beaucoup moins médiatisé, était le concert AlefBa qui réunissait à la Cité du Livre onze chanteurs et musiciens venant pour moitié du monde arabo-musulman, pour moitié d’Europe. Fabrizio Cassol, en résidence à la Fondation Royaumont,  a travaillé durant des mois à la préparation de cette création collective, rare, incandescente. On n’a rarement – jamais encore… ? –  entendu une telle harmonie entre des musiciens provenant de cultures aussi différentes, une telle écoute réciproque, une telle générosité, une inspiration aussi prospective, comme dans ce chant a cappella réunissant et superposant en une polyphonie improvisée quatre voix habituées à chanter en solo.
Loin de tout orientalisme, loin de toute velléité de « world music », ce concert était profondément émouvant par la magie de la musique, par la rencontre des êtres, par les échos qu’il nous renvoyait presque en direct des événements en Egypte et dans le monde arabe…
L’atelier d’idées qui a suivi le lendemain au MuCEM a permis à une vingtaine d’artistes et de personnalités culturelles de dialoguer sur ce processus et de réfléchir au devenir de nos cultures.

Le concert et cette discussion seront très prochainement mis en ligne sur les sites Internet du Festival d’Aix, de la Fondation Royaumont et du MuCEM.
Ce concert AlefBa sera repris à l’automne à Royaumont, à Bruxelles et dans plusieurs villes du monde arabe.