— Au festival

Publiée le 28 mai 2013

INSTANTANÉ D’AIX: DANS LES COULISSES D’ELENA ET D’ELEKTRA

Lundi 27 mai, tandis que les répétitions de Rigoletto se poursuivent dans un des studios installés à Venelles, au nord d’Aix, deux équipes commencent leur travail à 30 minutes d’intervalle au Grand Théâtre de Provence. Les chanteurs, metteurs en scène et équipes techniques d’Elektra et d’Elena répètent dans des studios voisins. Dans le studio 2, Jean-Yves Ruf commence à mettre en scène les premiers moments d’Elena, tandis que le chef Leonardo García Alarcón travaille musicalement avec d’autres membres de la distribution et que les servantes d’Elektra mettent en place la première scène de l’opéra de Strauss, notoirement complexe – quand au vaste studio 1, le «Big One», Patrice Chéreau y travaille seul avec Evelyn Herlitzius, notre Elektra – autant dire: «notre héroïne». Et c’est le choc des esthétiques et des générations! D’un côté, le délire ornemental du baroque vénitien, les flamboiements de la Sérénissime en 1659; de l’autre, les ombres puissantes et les harmonies très sophistiquées d’un noir chef-d’œuvre créé en 1909. Là, des voix de contre-ténors virtuoses et les crépitements inspirés du clavecin, ici quelques sopranos et mezzo-sopranos dramatiques d’une puissance et d’une (sur)expressivité irrésistibles. Dans Elena, de jeunes chanteurs à l’orée de carrières radieuses, dans Elektra d’immenses artistes dont certaines possèdent une expérience glanées au fil de plusieurs décennies. Et au milieu, des chargés de production et un conseiller artistique (votre serviteur!) étourdis par les sons qui s’entremêlent dans le couloir reliant tous ces studios. Pas de doute, les préparatifs du Festival 2013 ont bel et bien commencé. Et déjà la tête nous tourne!

Alain Perroux, conseiller artistique et dramaturge du Festival d’Aix-en-Provence