— Enoa — Académie

Publiée le 28 juin 2014

IMPRESSIONS D’ACADÉMICIENS: RENCONTRE AVEC MARGARIDA HIPÓLITO ET NORMA NAHOUN

Au lendemain du premier concert de la résidence Mozart à l’Hôtel Maynier d’Oppède (20 juin), nous avons pu rencontrer les sopranos Margarida Hipólito (Portugal) et Norma Nahoun (France) qui nous ont livré quelques unes de leurs impressions après leur première semaine de résidence. Micro !

Cela fait bientôt une semaine que vous êtes en résidence à l’Académie, quelles sont vos premières impressions ?

Norma : Je dois dire que ça correspond tout à fait à mes attentes. Les journées sont très intenses, nous avons la chance de rencontrer plein de gens, plusieurs professeurs, d’aborder différents aspects des œuvres que nous avons pu travailler de notre côté avant de venir ici. Nous recevons beaucoup de conseils, et ce travail d’intégration, d’assimilation, est très intéressant. J’ai presque l’impression que ça fait un mois que nous sommes à Aix ! (rires) Mais c’est une superbe expérience, nous faisons de la musique toute la journée, on ne peut pas se plaindre !

Margarida : C’est intéressant et excitant à la fois, nous travaillons avec différents professeurs : l’un sera plus porté sur le travail de mouvement du corps et du rapport à la scène, l’autre sera attentif à la musicalité, un troisième nous coache sur les objectifs que nous nous sommes fixés…c’est une formation très complète.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à la résidence Mozart au Festival d’Aix ?

Margarida : J’ai entendu parler de l’Académie grâce à enoa*. A l’époque des auditions pour les résidences 2014, je participais à un workshop enoa à la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne. On m’a dit « si tu veux, tu peux participer aux auditions », alors j’ai rencontré Emilie Delorme qui m’a fait passer l’audition et aujourd’hui me voici à Aix !

Norma : Pour ma part, je connaissais la réputation de l’Académie du Festival d’Aix : c’est une des meilleures académies que l’on puisse faire en Europe. Il faut dire que les académies aux Etats-Unis sont difficiles d’accès, ils ne font jamais d’auditions en Europe.

Vendredi dernier vous avez interprété des extraits des Noces de Figaro et d’Idoménée pour le public d’AIX EN JUIN, est-ce que vous pouvez nous révéler quelques enseignements de cette semaine de perfectionnement que vous avez appliqué lors de ce concert ?

Margarida : J’ai reçu beaucoup de conseils de Susanna Eken – j’ai notamment appris à m’engager pleinement et entièrement ; à travailler l’articulation car je mettais trop de pression au niveau de la mâchoire. J’ai vraiment senti une progression tout au long de la semaine qui a culminé avec le concert de vendredi soir. Mais j’espère qu’au fil des jours suivants cette progression sera encore plus importante. Je trouve que le public a été formidable, vraiment à l’écoute, je ne me suis pas sentie jugée.

Norma : J’avais une scène assez importante dans Les Noces de Figaro où j’interprétais Susanna avec Aleksandr Miminoshvili qui lui chantait le rôle de Figaro. Nous avions décidé d’interpréter cette scène, qui est très amusante, avec une certaine théâtralité, contrairement aux autres extraits du programme qui sont très beaux mais plus calmes. J’adore jouer sur scène mais mon objectif était de trouver le bon équilibre entre le jeu d’acteur et le chant. Dans notre métier, c’est bien d’être un bon comédien, c’est sûr, mais ce qui compte par-dessus tout c’est la voix. J’ai beaucoup aimé ce concert, je pense qu’il y avait une belle énergie entre nous et qui s’est construite tout au long de la semaine. C’est tout de même fantastique de rencontrer des nouvelles personnes et quelques jours plus tard de se retrouver avec eux sur scène. Mais c’est ce qui peut se passer dans la vie professionnelle : d’un jour à l’autre on peut t’appeler pour te demander de remplacer quelqu’un au pied levé, parfois avec une seule journée de répétition !

Margarida : Je pense qu’il y a eu un esprit de groupe qui s’est très vite créé entre nous.

Vous venez tous de pays différents, en quoi cette diversité est-elle enrichissante dans votre parcours ?  

Norma : C’est intéressant de voir que les techniques sont parfois différentes en fonction des pays, mais je pense que, ce qui est incroyable, c’est que finalement on se rend compte que nous ne sommes pas si différents les uns des autres, nous avons les mêmes objectifs.

Margarida : Nous venons certes de pays différents mais nos préoccupations sont les mêmes, nous rencontrons les mêmes difficultés.

Norma : Nous sommes tous plus ou moins au même stade dans notre carrière. La plupart d’entre-nous venons de finir les études, nous avons déjà un pied dans la vie professionnelle et encore tellement de choses encore à apprendre ! C’est formidable de voir la progression de chacun, on se dit qu’on a dû nous aussi progresser.

Margarida : Je trouve que c’est positif de voir les autres se développer, ça donne du courage !

*enoa – European Network of Opera Academies

 

Retour en images sur la résidence Mozart 2014

Retour en vidéo sur la résidence Mozart 2012