— Au festival

Publiée le 8 juillet 2019

[ GRANDEUR ET DÉCADENCE DE LA VILLE DE MAHAGONNY ] LA PRESSE EN PARLE

Grandeur et Décadence de la Ville de Mahagonny de Kurt Weill – mise en scène Ivo van Hove – direction musicale Esa-Pekka Salonen – Festival d’Aix-en-Provence 2019 © Pascal Victor artcompress
Grandeur et Décadence de la Ville de Mahagonny de Kurt Weill – mise en scène Ivo van Hove – direction musicale Esa-Pekka Salonen – Festival d’Aix-en-Provence 2019 © Pascal Victor artcompress

THE NEW YORK TIMES

La nouvelle mise en scène de Mahagonny signée Ivo van Hove [...] est tout simplement plaisante. [...] L'essentiel de ce ravissement vient de ce que l'on assiste à l'ouvrage de deux maîtres : Ivo van Hove, dont le concept est à la fois fidèle à son style et en accord avec les intentions de Brecht, et Esa-Pekka Salonen, dont la direction musicale de la partition de Weill est certainement la plus élégante qu'il m'ait été donné d'entendre, en particulier lorsqu'elle est interprétée par l'infaillible et remarquable Philharmonia Orchestra. [...] [La] conduite [d’Esa-Pekka Salonen]est à elle seule une raison de voir ce Mahagonny.


EL PAÍ

Le Festival d’Aix offre une grande production de Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny. Le metteur en scène belge démontre qu’il comprend l’œuvre dès la première scène. [...] Avec très peu d’éléments, Ivo van Hove façonne un scénario en métamorphose quasi permanente qui situe chacune des différentes scènes indépendantes dans son propre contexte. [...] Ivo van Hove a également su faire jouer de façon optimale non seulement les trois chanteurs déjà mentionnés (Karita Mattila dans le rôle de la veuve Begbick, Alan Oke dans celui de Fatty et Willard White dans celui de Moses), mais également l'ensemble de la distribution avec à leur tête le ténor Nikolai Schuckoff (Jim Mahoney) et la soprano Annette Dasch (Jenny Hill).​
 

SCÈNE WEB.FR

Au Festival d’Aix, Ivo van Hove s’amuse à construire et déconstruire malicieusement le mirage utopique qu’est Mahagonny. Dans une mise en scène à la fois ludique et critique, il fait de la « ville-piège » de Bertolt Brecht et Kurt Weill un plateau de cinéma animé d’une joyeuse effervescence comme d’un profond désabusement qui se traduit par une spectaculaire insurrection urbaine. [...]  Le procédé [de la mise en scène] est ludique et réjouissant. [...] Tous [les interprètes] sont placés sous la direction riche en rythmes trépidants et en sonorités éclatantes d’Esa-Pekka Salonen à la tête d’un Philharmonia Orchestra dont les cuivres et percussions sont particulièrement saillants.

 

KULTURA-EXTRA 

Aujourd’hui, la vidéo est aussi naturelle au théâtre et à l'opéra que des jeux de lumière ou une scène tournante. La nouvelle génération montante ne sera probablement pas en mesure d’imaginer un théâtre sans vidéo ni une communication sans smartphone. Il n’est plus question d’en discuter, mais de savoir comment s’y prendre.
Ivo van Hove utilise le mur vidéo surdimensionné installé sur la scène, en plus du podium fonctionnel qui la surplombe – ainsi que plus tard, trois grandes éoliennes qui viennent remplacer l'ouragan
– permettant aux spectateurs de lire en gros plan les visages des interprètes et leurs expressions faciales.
Van Hove se passe de fioritures. Sa mise-en-scène est axée sur la conduite personnelle, en particulier le choeur, qui est presque constamment présent et qui demeure un élément central de la pièce. Les premiers applaudissements ont été presque unanimes. Nikolai Schukoff a particulièrement été apprécié en Jim Mahoney. Il en va de même pour l’actrice extrêmement talentueuse, Annette Dasch, dans le rôle de la prostituée Jenny, qui sait que « comme on fait son lit, on se couche », et de Karita Mattila, dans le rôle de la veuve entreprenante, Begbick. Ce sont cependant le London Philharmonia Orchestra et son chef Esa-Pekka Salonen qui ont reçu les applaudissements les plus vifs. Il a donné à la partition de Kurt Weill des contours précis qui laisse une place claire à chacun des différents arrangements instrumentaux tout en correspondant harmonieusement au livret de Bertolt Brecht, qui fascine toujours par sa beauté linguistique. Une pièce obsolète? Aussi dépassée que l’image d'une société dans laquelle le manque d'argent est le plus grand crime.