— Au festival

Publiée le 29 juin 2013

ELENA : PLACE À LA JEUNESSE !

Répétitions d’Elena
© Pascal Victor / ArtcomArt

La belle a plus de 300 ans… mais comme dans le conte de Charles Perrault, rien de mieux qu’un long sommeil pour rester jeune et fraîche ! Créé à Venise en 1659, l’opéraElena de Francesco Cavalli était depuis tombé dans l’oubli. Pourquoi ? difficile à dire, quand on connaît la vivacité de cette partition étourdissante. Mais le réveil est bel et bien programmé : pour la première fois depuis le XVIIe siècle, cet opéra transgenre (dans tous les sens du terme) reprendra vie cet été au Festival d’Aix-en-Provence, sans avoir pris une ride. Comme pour prouver les vertus du sommeil, c’est d’ailleurs une distribution éclatante de jeunesse – et de beauté, ne nous privons pas de le dire – qui viendra donner corps, voix et souffle à cet opéra décapant. Ils s’appellent Valer, Emöke, Fernando, Solenn’, Rodrigo, Emiliano, Anna, Scott, Mariana, Majdouline, Brendan, Christopher et Job, ont en moyenne une trentaine d’années et sont talentueux en diable. Découvrez quelques unes des multiples facettes de cette troupe au sommet : ces jeunes chanteurs seront bientôt vos idoles de l’été aixois !

Jeunes, oui ; inexpérimentés, certainement pas. Ces artistes venus des quatre coins du globe, et qui réunissent sur scène pas moins de 8 nationalités, se caractérisent tous par un parcours sans faute. Du Conservatoire de Paris à l’Académie Franz Liszt de Budapest, en passant par la Haute Ecole de musique et de théâtre de Münich, la Royal Academy of Music de Londres et la Schola Cantorum de Bâle… issus des institutions les plus prestigieuses, ces chanteurs ont pu se former auprès des meilleurs professeurs du monde entier, et se produisent depuis sur de grandes scènes internationales.

Être baroque ou ne pas être. Et n’est pas baroque qui veut. C’est pourtant le point commun de cette fine équipe, réunissant des chanteurs qui malgré leur jeune âge se sont déjà illustré à maintes reprises dans ce répertoire souvent ardu, auprès d’ensembles tels que les Arts Florissants, le Freigurger Barokorchester ou la Cappella Mediterranea – qui accompagne d’ailleurs cette recréation. Il n’en fallait pas moins pour Elena, baroque jusqu’au bout des ongles…

Des voix au sommet. La partition contient d’ailleurs les marques de son temps : lors de sa création vénitienne, pas moins de 4 rôles d’Elena devaient être chantés par des castrats, dont les voix capables d’atteindre des sommets suscitaient alors l’engouement des foules. Mais comment faire aujourd’hui, pour trouver des interprètes susceptibles de chanter ces rôles d’hommes aux voix célestes ? S’il est devenu chose courante de les faire interpréter par des femmes, un tel subterfuge enlèverait une bonne partie de la saveur d’Elena … dont toute l’intrigue repose sur le travestissement des personnages pour mieux séduire ! La direction artistique du Festival d’Aix s’est donc mise en quête de voix exceptionnelles… et a trouvé les perles rares, quatre contre-ténors de haut vol capables de chanter les partitions les plus exigeantes : Valer Barna-Sabadus (Ménélas), Rodrigo Ferreira (Péritoüs), Christopher Lowrey (Euripile / La Paix / Pollux) et Kangmin Justin Kim (reprise du rôle de Ménélas en tournée).

Un travail d’équipe. Car l’aventure n’est pas que musicale, elle est aussi humaine ! Autour du directeur musical Leonardo García Alarcón et du metteur en scène Jean-Yves Ruf, les quelques 13 chanteurs de cette production fournissent actuellement au Théâtre du Jeu de Paume un véritable travail de troupe. Si l’union fait la force, comme le souligne l’adage bien connu, préparons-nous à une réussite exceptionnelle pour cet opéra tant attendu, après un si long sommeil…

Nul doute : la belle endormie est entre de bonnes mains !

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