— Au festival

Publiée le 7 juillet 2014

DE LA TURQUIE À L’ITALIE, ET DE GRENOBLE À AIX

Les Musiciens du Louvre Grenoble
© Sander Buyck

Leur dernière venue au Festival d’Aix-en-Provence remonte à 2009: Les Musiciens du Louvre Grenoble avaient alors joué Idoménée de Mozart. Ils reviennent cette année avec un opéra de Rossini aussi drôle qu’enlevé, Il Turco in Italia. Au terme de leur première semaine de répétition, trois membres de l’Orchestre ont accepté de nous en dire un peu plus : Geneviève Bois-Staley, violoniste, habituée du Festival où elle revient pour la huitième fois ; Aude Vanackère, violoncelliste, associée à l’Orchestre de Marc Minkowski depuis 1991, également professeur au Conservatoire d’Aix-en-Provence ; et Florian Cousin, flûte solo ayant rejoint la formation en 2006.

Quelle place Rossini occupe-t-il dans le répertoire des Musiciens du Louvre Grenoble ?

Aude Vanackère : La musique de Rossini est étroitement liée à l’arrivée des Musiciens du Louvre dans la capitale des Alpes, puisque l’enregistrement de L’Inganno felice, en 1994, marqua l’une des premières rencontres avec l’Ensemble orchestral de Grenoble. Les Musiciens du Louvre étaient jusque-là spécialisés dans le répertoire baroque français et Haendel, et depuis leur répertoire n’a cessé de s’enrichir.

Comment caractériseriez-vous vos parties dans Il Turco in Italia ?

Florian Cousin : Contrairement à d’habitude, Rossini recourt peu au piccolo. Sa musique est assez proche de Mozart, et relative simplicité de la partition est compensée par la capacité de Marc Minkowski à donner une dimension dramatique à la musique, en accordant une attention particulière au texte et aux caractères.

Geneviève Bois-Staley : Les parties de cordes se superposent mais la partition n’en est pas moins empreinte de légèreté. Comme souvent dans le répertoire italien, c’est une musique extrêmement bien faite à partir d’un matériau très simple.

Aude Vanackère : Il Turco in Italia demeure une œuvre pétillante qui bénéficie des tempos vivifiants de Marc Minkowski.

Marc Minkowski a choisi de jouer sur instruments modernes…

Florian Cousin : Cette décision a été prise suite aux représentations d’Idoménée en 2009 où les instruments anciens ne sonnaient pas assez. Jouer sur instruments modernes présente un certain confort, mais offre une palette de couleurs parfois moins intéressante. Ainsi, Marc Minkowski redoutait un son trop métallique de la flûte moderne, mais il est finalement satisfait du son rond, avec très peu de vibrato et tout en résonance, que nous avons su trouver. Notre passage à tous par la musique ancienne fait que le rendu sonore, y compris sur instruments modernes, est différent de celui de musiciens qui ne joueraient que sur instruments modernes.

Parlez-nous de votre expérience en fosse.

Florian Cousin : Nous faisons en moyenne deux productions lyriques par saison. Une des grandes qualités de Marc Minkowski consiste à établir une réelle cohésion d’ensemble entre la fosse et le plateau. L’avantage de jouer sur instruments d’époque est que, du fait que l’orchestre sonne moins fort, la fosse est souvent surélevée ce qui permet de voir le spectacle et de jouer en osmose avec les chanteurs.

S’il fallait retenir un seul passage de la partition, ce serait…

Geneviève Bois-Staley et Aude Vanackère : Sans hésiter l’ouverture !

Florian Cousin : Mon passage préféré serait plutôt le grand air final de Fiorilla.

Quel est votre personnage favori ?

Florian Cousin : J’aime beaucoup le personnage de Fiorilla ainsi que Don Narciso, servi ici par un interprète d’exception, le ténor américain Lawrence Brownlee!

Geneviève Bois-Staley : Je dirais le personnage du Poète qu’interprète Pietro Spagnoli, avec lequel nous avions travaillé sur Les Noces de Figaro de Mozart et qui avait livré une somptueuse interprétation du comte Almaviva.

Le Festival d’Aix est synonyme pour vous…

Aude Vanackère : …de très bon accueil. J’adore venir au Festival pour cela!

Geneviève Bois-Staley : …d’une ouverture sans cesse accrue à tous les publics.

Florian Cousin : … de culture omniprésente dans la ville.

Propos recueillis le 26 juin 2014 par Anne Le Nabour