— Au festival

Publiée le 20 mai 2014

ARIODANTE CÔTÉ DÉCORS, OU L’ART DU DÉTAIL

Décor d’Ariodante
© Jean-Claude Carbonne

Alors que le Festival approche à grands pas, toutes les équipes des ateliers s’activent pour apporter les dernières touches aux décors qui seront l’été prochain sur la célèbre scène du Théâtre de l’Archevêché… Pour vous faire vivre un peu de cette effervescence, nous nous sommes glissés dans les coulisses de la création à l’occasion de la dernière visite d’Ultz, le scénographe d’Ariodante. Un tour de piste fascinant, des menuisiers aux accessoiristes, en passant par les peintres et les serruriers : suivez le guide !

Chaque visite d’un scénographe aux ateliers est un événement : en très peu de temps, les équipes techniques doivent obtenir un maximum de réponses à leurs questions, et recueillir toutes les directives qui leur permettront d’orienter leur travail dans les semaines à venir. Et à ce moment de l’année, où les premières répétitions dans les décors vont bientôt commencer, il n’y a plus de droit à l’erreur… chaque détail compte !

Première étape pour Ultz : le bureau d’étude. Dans une ambiance studieuse, des architectes scénographes y travaillent à l’année pour adapter aux contraintes techniques du Festival les demandes des créateurs. Quels matériaux utiliser ? Comment bâtir les décors, pour permettre de les monter et de les démonter facilement, lors des tournées ou de l’alternance entre deux spectacles ? Autant de questions primordiales, qui conditionnent la réussite des productions jusque dans les moindres détails. Mais qui dit « détail » ne dit pas « négligeable »… L’équipe présente à Ultz plusieurs modèles de rideaux. Quelle transparence faut-il rechercher ? Et quel type de mécanisme pour les tirer ? En un rien de temps, le scénographe tranche la question : « Je crois que ce modèle devrait plaire à Richard Jones, lance-t-il; il pourra jouer avec ça dans sa mise en scène ». Car un décor, c’est aussi un espace de jeu : fidèle collaborateur de Richard Jones, Ultz connaît bien le travail du metteur en scène britannique et voit dans chaque élément un déclencheur possible pour l’action sur scène.

Cap maintenant sur les ateliers de construction. En prenant la passerelle qui nous y emmène, Ultz pointe du doigt la « toiture » qui surplombera bientôt le décor d’Ariodante : « ça a été très compliqué à réaliser. Mais maintenant l’effet est absolument parfait ! ». Après avoir décidé de la teinte que prendront les boiseries, c’est à la serrurerie qu’il porte toute son attention. Plus particulièrement, le scénographe s’attarde sur la serrure de la porte menant à la chambre de Ginevra, autour de laquelle tournera une bonne partie de l’intrigue (mais nous ne vous en dirons pas plus !). En plus de son aspect, se pose aussi la question de savoir quel bruit elle fera, et comment un tour de clef pourra y être donné… sans risquer que la porte se coince, et que les chanteurs ne puissent plus l’ouvrir !

Après avoir passé en revue le travail réalisé par les différents corps de métier des ateliers, Ultz repart satisfait. Ne reste plus pour les équipes techniques qu’à finaliser ces derniers détails… et pour nous, qu’à attendre avec impatience le mois de juillet !

> Album photo des ateliers de couture et de construction des décors d’Ariodante