— Académie

Publiée le 10 novembre 2015

ALPHONSE CEMIN, UN LAURÉAT TRÈS PROLIFIQUE

© Cerise Doucède

Au Festival d’Aix, Alphonse Cemin est un peu partout. Nommé Lauréat HSBC de l’Académie en 2010, ce jeune pianiste et chef de chant est depuis devenu un collaborateur régulier du Festival, dont il arpente d’un été sur l’autre la programmation, de récitals en productions d’opéra. Une présence qui s’affirme encore cet automne, avec un récital donné à la Philharmonie de Paris aux côtés d’Anna Stéphany, et une tournée accompagnant la parution prochaine d’un enregistrement avec la soprano Mari Eriksmoen – deux événements produits par l’Académie avec le soutien d’HSBC France. L’occasion de ressortir de nos cartons ce court échange que nous avions eu avec Alphonse Cemin en 2013, alors qu’il accompagnait la production d’Elektra, devenue depuis légendaire

Vous êtes devenu un habitué de l’Académie; quelle en a été votre première expérience?

Je crois avoir participé à la première édition où ils prenaient des pianistes, sur le conseil d’une amie qui avait fait l’Académie l’année précédente. A vrai dire, la résidence que j’ai faite était bien chargée – beaucoup de concerts, de cours, de répétitions… ce n’est donc qu’au bout d’un moment, lorsque nous avons commencé à aller voir des spectacles, que j’ai réalisé qu’on était au milieu d’un festival d’opéra !

Quelle a été la rencontre qui vous a le plus marqué ?

Celle avec Helmut Deutsch, c’était vraiment passionnant de travailler avec lui.

Y a-t-il un moment en particulier dont vous gardez le souvenir ?

Un concert au Grand Saint-Jean, où nous étions plusieurs à nous partager tout un cycle de Schumann. C’était un très beau moment, dont je garde un très bon souvenir.

Quelles sont les perspectives professionnelles que vous a ouvertes l’Académie ?

C’est ici que j’ai rencontré des gens qui m’ont ensuite engagé comme chef de chant ! D’ailleurs, cela m’a aussi permis de revenir au Festival sur des productions d’opéra les années suivantes : en 2012 pour la création de Written on Skin, et cette année pour Elektra[nouvelle production du Festival d’Aix 2013, NDR].

Comment envisagez-vous votre travail de chef de chant ?

C’est un travail qui est difficile à définir, parce qu’il peut vraiment recouvrir beaucoup de choses. On accompagne les répétitions au piano, on fait travailler les chanteurs s’ils en ont besoin, on les aide à apprendre leurs rôles… du coup, on a une vue d’ensemble sur la manière dont tout le monde chante. Bien entendu, lorsqu’on est face à des chanteurs qui sont aussi avancés dans leur carrière que ceux d’Elektra, on ne va pas modifier leur manière de chanter pour uniformiser ! Mais on est quand même garants d’une certaine cohésion… Et s’il y a de gros problèmes, par exemple de prononciation, si certains disent le même mot différemment, c’est aussi notre travail de le remarquer. Enfin, lorsque l’orchestre arrive, on est aussi l’oreille dans la salle qui peut écouter la manière dont chaque chanteur prend sa place sur scène, parce qu’on les a entendus de près pendant des semaines…

Est-ce qu’il y a des projets particuliers auxquels vous souhaiteriez participer à l’avenir ?

J’ai beaucoup aimé participer à une création d’opéra, comme j’en ai fait l’expérience surWritten on Skin. C’est quelque chose de vraiment excitant, parce qu’on est là dès le début, et qu’on est les premiers à entendre les premières notes…

Un conseil aux futurs académiciens ?

Ne pas trop râler, en disant qu’il y a trop de choses à faire ! Le programme est très chargé, mais il faut prendre ça comme un bain, et se laisser noyer. Il faut surtout profiter, repérer rapidement toutes les salles différentes, tous les lieux où il peut se passer des choses, même en-dehors de l’Académie, pour pouvoir rencontrer le plus de gens possible !

Propos recueillis en juillet 2013 par Marie Lobrichon