3 questions À Brecht Evens

Et vous Au festival Publié le 05/04/2016
Visuel de saison 2016 (150x150)

Couleurs, surimpression de détails, personnages expressifs et fantastiques : cette année, les affiches du Festival d’Aix sont signées Brecht Evens. Un jeune artiste que l’on s’arrache un peu partout, et qui n’en a pas fini de séduire avec son univers haut en couleurs et ses albums étranges et fascinants. À l’occasion de sa venue à Aix-en-Provence, où les Rencontres du 9e art lui consacrent une exposition, Brecht Evens a accepté de répondre à quelques questions sur cette commande du Festival d’Aix… 

 

Quel est ce public que tu as représenté sur l’affiche ? 
Brecht Evens: Il y a de tout là-dedans, des restes du cliché, de ce qu’on s’imagine tout de suite quand on pense à l’opéra. Mis à part la lorgnette, on retrouve l’ambiance chic qui lui est souvent associée. Mais il y aussi une ambiance jeune, et beaucoup d’éléments mythiques : plus on va vers l’arrière, plus on trouve des figures étranges et oniriques. Comme si les visages reflétaient un peu ce qui se passe sur la scène, ce qui me semblait plus intéressant que de montrer l’opéra lui-même. Là, on serait tombé dans le cliché ! Je voulais que ce soit très varié, pas forcément attendu. Comme cet homme qui pleure, qui semble très ému tout en ayant l’air vraiment bouseux.
 

De tous ces visages, quels sont ceux que tu as pris particulièrement de plaisir à dessiner ?
B. E.: Je les ai adorés tous ! Je les ai tous faits avec le même amour. Il y a certains visages qui ressortent sur l’affiche bien sûr, mais ça ne veut pas forcément dire que ce sont ceux que j’affectionne le plus. En fait, je me rends compte que c’est plutôt une question d’équilibre. Par exemple, il y a le visage assez grand d’une jeune fille souriante, en vert, ce qui me permet, de l’autre côté de la balance, de faire cinq types un peu monstrueux, avec des airs beaucoup plus troublants.  De loin, quand on regarde l’affiche, on voit le côté positif du visage angélique, et ce n’est qu’après, quand on veut chercher plus loin, qu’on trouve d’autres personnages plus sombres.
Mais si je devais quand même sortir un visage du lot, ce serait celui tout en bas, à gauche. C’est un peu comme l’homme invisible, il n’a pas vraiment de traits, seulement des touches de couleur, on ne le repère presque que grâce à son chapeau haut-de-forme…
 

Quel est ton rapport à la musique, en tant qu’artiste ?
B. E.: Plus ça va, plus j’utilise la musique comme moyen de me stimuler. Quand je dessine, je suis très peu assis, je fais les cent pas autour du papier, avec des pinceaux à la main, et je mets du hip hop très fort… pas vraiment de l’opéra ! Quoique, ça pourrait être une idée… du Wagner, peut-être ? Mais si je veux me sentir un peu plus exalté, je crois que je mettrais plutôt du Philip Glass. Il y a quelque chose de répétitif, des rythmes qui montent, quelque chose de magique qui va bien avec le travail de concentration…

 

Propos recueillis par Marie Lobrichon le 1er avril 2016

 

A voir à Aix-en-Provence: l'exposition de Brecht Evens "Le Meilleur des mondes" au Musée du palais de l'Archevêché, dans le cadre des Rencontres du 9e art, du 1er avril au 21 mai et du 8 juin au 20 juillet.

L'affiche...

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