ARIODANTE, DE FIL EN AIGUILLE…

Thursday, May 15

Bienvenue dans les coulisses de la création !

A Venelles, les ateliers du Festival sont en effervescence. Des couturières aux serruriers, en passant par les menuisiers, les peintres et les accessoiristes, les équipes travaillent avec acharnement pour préparer les décors et les costumes qui l’été prochain occuperont la célèbre scène du Théâtre de l’Archevêché. A l’occasion de la visite du scénographe et costumier Ultz, qui signe cette année les décors et les costumes d’Ariodante, nous avons suivi quelques heures de la vie des ateliers… Première étape : l’atelier couture !

Nous rencontrons Ultz au beau milieu de pelotes de laine et de patrons de pulls. On aurait pu s’en douter : l’intrigue d’Ariodante se déroulant au Royaume d’Ecosse, et le metteur en scène Richard Jones ayant opté pour les années cinquante, la petite laine sera de mise et le jacquard aura la cote en juillet prochain. Entre les pelotes, les épingles et les crayons de couleur, des photos d’époque jonchent la table, comme autant de sources d’inspiration. Il a déjà fallu presque deux jours de travail, seulement pour choisir les motifs, les types de laines et les couleurs qui seront utilisés pour les costumes de chaque personnage sur scène. Car chaque pièce est une création unique : les formes, les motifs et les couleurs varient d’un pull à l’autre, chacun étant bien entendu tricoté sur mesure pour le chanteur qui le portera sur scène. Autant dire que mieux vaut ne pas s’emmêler les pinceaux. Pour s’y retrouver, l’assistante d’Ultz, Elisabeth de Sauverzac, a d’ailleurs une méthode imparable : de petits dessins où elle note motif par motif et couleur par couleur le descriptif de chaque tricot à réaliser… un vrai travail d’orfèvre !

Pour mener à bien ce travail de haute précision, le Festival fait appel à une tricoteuse professionnelle, qui grâce à ses métiers à tricoter pourra réaliser l’ensemble de ces commandes. Mais, en plus de la spécificité de chaque pièce, un autre défi doit être relevé : alors que les jacquards traditionnels n’excèdent pas une certaine taille, Ultz souhaite grossir les motifs. Pour être visibles de loin, mais pas seulement : « Le décor que j’ai imaginé n’est pas un décor réaliste ; l’atmosphère est étrange, un peu effrayante… pour s’accorder à cela, il ne faut pas de costumes qui copieraient de trop près la réalité ».  Cet aspect en apparence anodin pose un réel problème technique, sur des machines qui ne sont pas réglées à cet effet, et que Monique devra donc reparamétrer en réalisant des cartes perforées spécifiques.

« Pour moi, nous confie Ultz, ces tricots auront été l’élément le plus complexe à réaliser pour cette production ». On attend avec impatience de voir le résultat…

> Album photo des ateliers de couture et de construction des décors d’Ariodante