— Passerelles

Publiée le 21 mai 2015

MUSICIENS-RELAIS : RETOUR D’EXPÉRIENCE

Orane, flûtiste et musicienne-relais pour les actions éducatives du Festival d’Aix, évoque le dernier week-end de formation, suivi d’une séance en classe qui lui a permis de mettre en pratique ses nouveaux acquis en pédagogie musicale… …

En mars dernier, Mark Withers, Raphaël Imbert et Geneviève Sorin ont dirigé un week-end de formation des musiciens relais. Leurs parcours très différents nous ont permis d’expérimenter de nouvelles façons de penser l’improvisation, l’espace, le mouvement, la pratique musicale collective. A terme, ces compétences permettent d’animer des ateliers et séances de travail divers destinés à un public principalement scolaire, composé d’instrumentistes débutants.

Dotés de ces nouveaux outils fraîchement acquis, certains d’entre nous se sont retrouvés, lundi 23 Mars, pour une « mise en pratique » au Conservatoire de Port-de-Bouc, avec la classe orchestre du collège Paul Eluard. Lors des week-ends de formation, professionnels, étudiants, musiciens intervenants et responsables du service éducatif font part de leur expérience passée pour préparer au mieux la rencontre avec les jeunes, susciter leur motivation et leur curiosité. Mais la capacité à s’adapter et à rebondir face aux attentes et aux sensibilités des enfants est aussi de mise. Chaque groupe et chaque situation réserve son lot de (bonnes) surprises.

À Port-de-Bouc, les enfants avaient choisi de s’essayer à la clarinette, la flûte traversière, le trombone, la trompette et le saxophone. Nous commençons par nous échauffer sans instrument. Nous cherchons à établir une pulsation commune en tapant des mains, puis en nous déplaçant dans l’espace. L’exercice est à la fois simple et complexe : les notions d’écoute, d’attention, de régularité, de prise en compte de son corps et de sa situation dans l’espace sont mises à contribution. Avec une pulsation bien calée, l’esprit de groupe est assuré. Nous essayons de nous connaître grâce à des jeux de projection du son, de rythme, de regards et d’échauffement corporel.

Après un moment passé en groupes réduits pour explorer les différentes possibilités qu’offre chaque instrument et qui lui donnent sa singularité, nous nous sommes retrouvés ensemble, tous instruments confondus, en cercle.

Le but n’est pas d’endosser le rôle de professeur : il ne s’agit pas de lire une partition, ni d’apprendre comment améliorer sa technique instrumentale. Nous cherchons plutôt à exploiter les compétences déjà acquises et à prouver que jouer ensemble n’est pas une idée folle. En proposant des directions simples, inspirées parfois par les envies et propositions des jeunes, nous essayons de créer des courts fragments de musique. Trois notes et un rythme suffisent. Tour à tour, les enfants essayent, cherchent, écoutent. Les instruments sont utilisés dans ce qu’ils offrent de créatif et de fédérateur. Enfin, nous finissons notre séance par une improvisation autour d’un morceau traditionnel sud-africain, aux rythmes festifs.

La séance aura illustré la démarche des musiciens-relais et, plus généralement, du travail pédagogique mené par les équipes du Festival d’Aix : se déplacer dans des territoires à la fois proche de nous mais aussi éloignés par la singularité de leur culture, expérimenter une approche ludique de la musique dans la dimension concrète de la pratique instrumentale, mais aussi mettre en œuvre de nouvelles voies d’apprentissage, par la pratique collective, l’improvisation, la mise en espace et l’échange.

Orane, musicienne-relais